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170 morts dans l'écrasement d'un avion en Ukraine

23 août 2006  Société
Des résidantes de l’endroit où s’est écrasé le Tupolev regardent la scène.
Photo : Agence Reuters
Des résidantes de l’endroit où s’est écrasé le Tupolev regardent la scène.
Soukha Balka, Ukraine — Un avion de ligne russe avec quelque 170 personnes à bord s'est écrasé hier dans l'est de l'Ukraine, près du village de Soukha Balka, où les chances de retrouver des survivants étaient nulles, selon les autorités qui tentent d'établir les causes du drame.

«Tous les passagers de l'avion sont morts», a déclaré à l'AFP le service de presse du ministère russe des Situations d'urgence, tenu au courant par Kiev du travail des secouristes ukrainiens.

Parmi eux figuraient essentiellement des Russes mais également quelques étrangers, notamment des Néerlandais, selon l'aéroport de Poulkovo (Saint-Pétersbourg), où se rendait cet avion parti d'Anapa, ville balnéaire russe située sur les bords de la mer Noire, non loin de l'Ukraine.

L'aéroport n'a pas donné plus de précisions, ajoutant cependant que parmi les passagers se trouvaient 39 enfants.

Selon un journaliste de l'AFP sur place, les débris de l'avion étaient dispersés sur un site marécageux près de Soukha Balka, un village situé à une quarantaine de kilomètres de Donetsk, grande ville de l'est de l'Ukraine.

Une dizaine de pompiers tentaient d'éteindre l'incendie qui ravageait l'appareil, et les secouristes, qui avaient découvert une trentaine de cadavres en fin de journée, ont installé des projecteurs afin de pouvoir continuer à rassembler les corps.

Les raisons de l'accident de cet avion de la compagnie russe Poulkovo (du nom de l'aéroport de Saint-Pétersbourg où elle est basée), un Tupolev 154, restent confuses, mais les autorités n'évoquent pas la piste terroriste.

Moscou insistait sur les conditions météorologiques et évoquait la foudre alors qu'un signal de détresse de l'avion a été enregistré à 15h37 (heure de Moscou, 11h37 GMT) avant de disparaître des écrans radar.

De son côté, Kiev parlait d'un incendie déclenché à bord à 10 000 mètres d'altitude.

«Selon des données préliminaires, l'avion s'est retrouvé dans une zone de fortes turbulences», a déclaré le chef du service russe des transports aériens, Alexandre Neradko, cité par l'agence Interfax.

Un feu s'est déclaré à bord du Tupolev, selon le porte-parole du ministère ukrainien des Situations d'urgence, Igor Krol, évoquant un problème avec le train d'atterrissage quand l'équipage a tenté un atterrissage d'urgence.

Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a cependant promis, lors d'un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, la complète coopération de son pays dans l'enquête.

Le procureur général russe, Iouri Tchaïka, doit se rendre sur les lieux.

Le parquet russe a annoncé dans la soirée l'ouverture d'une enquête pour «violation des règles de sécurité».

Mais Vassili Naliotenko, vice-directeur de l'aéroport Poulkovo, a quant à lui assuré devant la presse que l'avion était aux normes.

«L'avion datait de 1992, il avait 24 215 heures de vol, dont 9000 après les derniers travaux de réparation», a-t-il dit.

Il a par ailleurs infirmé la thèse des mauvaises conditions météorologiques en assurant qu'il «faisait beau» au moment du drame. Il a cependant jugé «peu probable» la piste de l'attentat.

Le dernier accident impliquant un Tupolev 154 remonte à août 2004, quand un appareil de ce type assurant la liaison Moscou-Sotchi s'était écrasé, cible d'un attentat de la rébellion tchétchène, rappelle l'agence Ria-Novosti.

Un avion et plusieurs hélicoptères de secouristes ukrainiens ont été dépêchés sur les lieux du drame alors que la Russie envoyait aussi des secouristes et des enquêteurs.

Les familles des victimes ont commencé à se rassembler à l'aéroport de Saint-Pétersbourg.

L'aéroport a annoncé le départ d'un vol ce matin vers Donetsk pour les familles souhaitant se rendre sur les lieux de la catastrophe.






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