Rapport du Barreau canadien - Un programme pour la main-d'oeuvre étrangère non spécialisée ne suffit pas à la demande
14 août 2006
Société
Ottawa — Un programme fédéral, qui permet à des travailleurs étrangers non spécialisés de venir au Canada, ne suffit pas à la demande des employeurs en mal de main-d'oeuvre, indique un nouveau rapport.
Le problème tient au fait que le programme ne permet aux travailleurs de rester au Canada que pendant une période maximale de 12 mois, affirme le rapport de l'Association du Barreau canadien.
Selon l'auteure du document, Wendy Danson, une avocate d'Edmonton, le programme pilote permet à des travailleurs peu qualifiés de venir au pays. Leurs employeurs doivent leur fournir l'hébergement et payer leur billet d'avion. Les travailleurs ne peuvent toutefois pas faire venir leur famille au pays et n'ont pas la possibilité de faire une demande de statut d'immigrant reçu.
«La demande est très forte ici [en Alberta] à cause des sables bitumineux, a-t-elle déclaré. C'est complètement fou. Vous pouvez gagner 19 $ de l'heure simplement pour passer le balai. Nos clients ne réussissent pas à trouver la main-d'oeuvre dont ils ont besoin.»
L'association compte 800 avocat spécialisés en droit de l'immigration qui représentent de nombreuses entreprises.
Mme Danson a déposé son rapport au ministère des Ressources humaines, qui évalue actuellement les résultats du programme auprès des employeurs. Cette démarche permettra ensuite de réévaluer de l'ensemble du programme pour la main-d'oeuvre étrangère.
Toujours à recommencer
Susan Nutt, qui dirige Alberta Bridges, une entreprise albertaine d'entretien et de construction de ponts à Pickardville, affirme qu'elle emploie annuellement jusqu'à 19 travailleurs dont le salaire minimum est de 18,65 $ l'heure. En 2005, les Canadiens qu'elle a engagés ne se présentaient pas au travail ou démissionnaient après quelques semaines de travail. Cette année, grâce au programme fédéral sur la main-d'oeuvre étrangère, elle a embauché six travailleurs philippins. L'an prochain, ils seront remplacés par six autres et Mme Nutt affirme qu'elle sera triste de voir partir le premier groupe.
«Une bonne partie de l'année est consacrée à former le personnel, et les questions de sécurité comptent pour beaucoup dans cette formation, a-t-elle dit. Mais au moment où tout le monde a pris sa vitesse de croisière, il faut tout recommencer.»
Selon elle, il est injuste que les travailleurs doivent venir seuls au Canada. Elle croit qu'il faudrait permettre à leur famille de les suivre, ce qui éviterait aux employés de souffrir de cette séparation. Leurs épouses pourraient ainsi combler d'autres postes et leurs enfants pourraient s'inscrire dans des écoles rurales, dont les effectifs sont en baisse.
Au Québec
Mais les entreprises des secteurs de l'agriculture et de la construction, où la main-d'oeuvre supplémentaire n'est nécessaire que quelques mois par année, sont très satisfaites du programme. René Mantha, président de FERME, un organisme québécois responsable de la main-d'oeuvre étrangère dans le secteur agricole, affirme qu'après être rentrés quelques mois dans leur pays les travailleurs peuvent revenir dans la même ferme chaque année.
Un représentant du ministère des Ressources humaines, Mario Rondeau, n'a pas pu préciser combien de travailleurs avaient obtenu un permis de travail depuis le lancement du programme-pilote. Il a toutefois indiqué qu'ils étaient employés dans les secteurs du tourisme, du camionnage, de l'emballage de viande, de la construction et de l'agriculture.
Des statistiques fédérales indiquent qu'en 2003 et 2004 près de 22 000 permis de travail temporaires ont été émis à des travailleurs étrangers non spécialisés grâce à plusieurs programmes fédéraux.
Le problème tient au fait que le programme ne permet aux travailleurs de rester au Canada que pendant une période maximale de 12 mois, affirme le rapport de l'Association du Barreau canadien.
Selon l'auteure du document, Wendy Danson, une avocate d'Edmonton, le programme pilote permet à des travailleurs peu qualifiés de venir au pays. Leurs employeurs doivent leur fournir l'hébergement et payer leur billet d'avion. Les travailleurs ne peuvent toutefois pas faire venir leur famille au pays et n'ont pas la possibilité de faire une demande de statut d'immigrant reçu.
«La demande est très forte ici [en Alberta] à cause des sables bitumineux, a-t-elle déclaré. C'est complètement fou. Vous pouvez gagner 19 $ de l'heure simplement pour passer le balai. Nos clients ne réussissent pas à trouver la main-d'oeuvre dont ils ont besoin.»
L'association compte 800 avocat spécialisés en droit de l'immigration qui représentent de nombreuses entreprises.
Mme Danson a déposé son rapport au ministère des Ressources humaines, qui évalue actuellement les résultats du programme auprès des employeurs. Cette démarche permettra ensuite de réévaluer de l'ensemble du programme pour la main-d'oeuvre étrangère.
Toujours à recommencer
Susan Nutt, qui dirige Alberta Bridges, une entreprise albertaine d'entretien et de construction de ponts à Pickardville, affirme qu'elle emploie annuellement jusqu'à 19 travailleurs dont le salaire minimum est de 18,65 $ l'heure. En 2005, les Canadiens qu'elle a engagés ne se présentaient pas au travail ou démissionnaient après quelques semaines de travail. Cette année, grâce au programme fédéral sur la main-d'oeuvre étrangère, elle a embauché six travailleurs philippins. L'an prochain, ils seront remplacés par six autres et Mme Nutt affirme qu'elle sera triste de voir partir le premier groupe.
«Une bonne partie de l'année est consacrée à former le personnel, et les questions de sécurité comptent pour beaucoup dans cette formation, a-t-elle dit. Mais au moment où tout le monde a pris sa vitesse de croisière, il faut tout recommencer.»
Selon elle, il est injuste que les travailleurs doivent venir seuls au Canada. Elle croit qu'il faudrait permettre à leur famille de les suivre, ce qui éviterait aux employés de souffrir de cette séparation. Leurs épouses pourraient ainsi combler d'autres postes et leurs enfants pourraient s'inscrire dans des écoles rurales, dont les effectifs sont en baisse.
Au Québec
Mais les entreprises des secteurs de l'agriculture et de la construction, où la main-d'oeuvre supplémentaire n'est nécessaire que quelques mois par année, sont très satisfaites du programme. René Mantha, président de FERME, un organisme québécois responsable de la main-d'oeuvre étrangère dans le secteur agricole, affirme qu'après être rentrés quelques mois dans leur pays les travailleurs peuvent revenir dans la même ferme chaque année.
Un représentant du ministère des Ressources humaines, Mario Rondeau, n'a pas pu préciser combien de travailleurs avaient obtenu un permis de travail depuis le lancement du programme-pilote. Il a toutefois indiqué qu'ils étaient employés dans les secteurs du tourisme, du camionnage, de l'emballage de viande, de la construction et de l'agriculture.
Des statistiques fédérales indiquent qu'en 2003 et 2004 près de 22 000 permis de travail temporaires ont été émis à des travailleurs étrangers non spécialisés grâce à plusieurs programmes fédéraux.
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