C'est la vie! - Les Outgames du sexe
Photo : Pascal Ratthé
Pour de véritables frissons en hauteur, à deux ou plusieurs, la grande roue de la Ronde
Entre deux orages, une canicule, un embrasement, débarque une envie de sexe fripon, comme un frisson. Ce sexe de plein air, qui se passe parfaitement d'une carte de membre chez MEC (Mountain Equipment Co-Op), nous rapproche de la bête copulation et nous injecte de l'oxygène dans le réservoir. Allez savoir pourquoi, tant d'espace et d'air frais stimule la jouissance et le plaisir qu'on tire de tirer son coup dans des lieux dits publics ou plus proches de notre vraie nature. Lisez animale, transversale ou toute autre voie en «ale». Triquer nature, c'est la santé.
Ce doit être feng shui, en plus d'être tonique. Même les pudiques s'y adonnent, j'en connais, et ils ne s'en vantent guère. La nuit, sur leur balcon en hauteur ou dans leur cour ombragée, ils regarderont les étoiles, un verre de rosé à la main. Ils tenteront le septième ciel, un vers de Ronsard à la bouche: «Vivez, si vous m'en croyez, n'attendez à demain. Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.»
Si on craint les voyeurs ou les paparazzis, les «outgames» amoureux se préparent à l'arraché même s'ils sont souvent le fruit de l'inspiration du moment. Un savant mélange de prédisposition naturelle, de météo complice et de brèche dans le temps font de l'occasion, le larron.
Conseils de pros
Dans le livre Sex advice from... publié par les éditeurs du site Nerve.com (Chronicle Books, 2006), on demande à de simples manants, amants de tous les jours, individus de tous les horizons, barmans, serveuses, costumiers, D.J., coiffeuses, vendeurs d'automobiles, membres de Mensa, de nous donner des conseils sur le sexe, toutes les formes d'approche et d'apprêts, crus ou cuits, notamment le sexe de plein air ou dans les endroits publics. Un des meilleurs ouvrages à posséder sur l'étiquette sexuelle et les us et coutumes de vos contemporains, Sex advice from... touche à tout, même où c'est pas permis.
Au rayon des voluptés extérieures, un messager à vélo conseille les cages d'escaliers et les ascenseurs de service. Un blogueur y va pour le toit de son immeuble (tout le monde fait ça, dit-il) et déconseille les taxis et les calèches (trop cliché!). Un cowboy, Tom, 59 ans, nous raconte ses prouesses près des ruisseaux, sur des couvertures de cheval, dans le foin, SUR le dos du cheval au trot... Son copain Max, 51 ans, suggère le toit d'une Corvette parce qu'il n'y a pas l'espace nécessaire à l'intérieur! Brokeback Mountain version motorisée.
Une diplomate se remémore les toilettes d'un avion durant le film. Gare aux détecteurs de fumée... Une expat à Rome nous signale que les Italiens vivant en grande majorité chez leur mama italienne (des mamounis), on pratique la scopatina partout: dans les rues sales et transversales, les toilettes de cafés, derrière les fontaines, les marches d'escaliers, jusque dans les Fiat stationnées à la Gianicolo, avec vue sur la ville cachée par les journaux qui tapissent les pare-brises. Les autos à l'arrêt sont prises de quintes de toux.
Un designer d'intérieur en pince pour les salles d'essayage de Banana Republic par jours pluvieux. Une moquette épaisse, des portes étanches et des salles plutôt vastes, résume-t-il. Quant à l'éclairage au néon, on ferme les yeux.
Conseil de top-modèle, jamais pris au dépourvu, apportez votre lubrifiant avec votre gomme à mâcher. La panne sèche est à éviter.
Tam la galette, les garçons, les filles avec!
Laissons aux touristes le stationnement du mont Royal, le parc Lafontaine ou le belvédère de Westmount, beaucoup trop patrouillé, et plongeons-nous dans Où se bécoter à Montréal (Québec-Amérique, 1997), un guide qui a pris des rides mais qui demeure une source fiable dans l'ensemble. Si la limousine de location tient de l'évidence, les canots loués des îles de Boucherville (d'accord on s'éloigne un peu mais c'est pour mieux revenir) ou les pédalos de l'île Bizard valent le détour. Discrétion assurée. Pour les grands vertiges, la grande roue de la Ronde. Pour les petits, le cinéma L'Amour et ses loges VIP pour couples.
J'aime bien l'arrière de l'Oratoire, la nuit, angle Surrey Gardens et Devon. Très joli, surtout quand le dôme est encore illuminé, avant 23 h. Je vous donne aussi l'adresse du Tokyo Sukiyaki (7355, rue Mountainsight) où chaque table a droit à l'intimité d'une cabine en papier de riz. Discret visuellement mais acoustiquement faible, sauf pour les exhibitionnistes.
Dernière recommandation d'une bonne amie (O.K., c'est moi, mais je n'avais que 17 ans et c'est un prêtre défroqué qui m'a poussée au crime): le cimetière Mont-Royal, du côté des Anglais. Toujours très tranquille, surtout la nuit. Tant qu'à profaner les bonnes moeurs, aussi bien le faire en muette compagnie ou dans une langue étrangère.
cherejoblo@ledevoir.com
***
Ceci n'est pas un blogue
Les blogueurs de Montréal prennent l'air
En juin dernier, on leur a demandé quels étaient les endroits mémorables où ils avaient forniqué:
- Hakim: Dans les bois.
- Patrick: Est-ce que Sherbrooke est trop étrange?
- Julien: Dans un photomaton. Le rideau n'était pas assez long et j'ai failli me faire arrêter.
- Michel: Sous un viaduc en Californie, il y a plus de 20 ans.
- Philippe: Sur le mont Royal.
- Eric B: Dans les cabines remonte-pentes de Jay Peak
- Stéphane & Caroline: On aime beaucoup les arbres!
- Martine: Dans un blogue (section commentaires).
- Blork: Dans le monument des pêcheurs à Budapest.
- Shiraz: Dans un jacuzzi à Vérone.
- René: Sur une île au milieu de la rivière Rouge.
- Nick: Sur le parterre avant de la résidence d'un millionnaire cubain.
- Kristi: Dans les toilettes d'un McDo.
- Ella: Dans la tour Eiffel.
- Marie-Jo: Dans les bois, à côté de la piste de ski.
- François: Dans un cinéma.
- Dominic: Sur une plage à Cuba.
- Carl: Dans un parc, à côté d'un nain de jardin.
- Michel: Dans une salle de classe de l'UQAM
- Eric D: Dans une cour d'école, à 1 heure du mat.
- Vila H.: Dans un cimetière.
- Frank: Dans le stationnement de La Ronde avec une belle vue sur la ville.
- Anonyme: dans une toilette chimique durant la visite de Jean-Paul II à Québec.
Tiré de: http://montreal.metblogs.com/archives/2006/06/where_yulblogge.phtml.
***
Adoré: le spectacle Ola Kala de la compagnie les Arts Sauts, présenté à la TOHU jusqu'au 12 août. Des athlètes de haut niveau, ces trapézistes font l'amour comme des oiseaux, en plein vol. Grande poésie du mouvement qui se nourrit d'une musique live tout à fait synchrone. Ne ratez pas ce passage inoubliable à Montréal. D'ailleurs, ce sera aussi le dernier!
1-888-376-TOHU. www.arts-sauts.org
Offert: le livre The Male Nude de David Leddick (Taschen) à une amie qui collectionne les nus masculins depuis lulurre. De magnifiques photographies, qui datent pour certaines de la fin du XIXe siècle, nous montrent le mâle sous toutes ses coutures, fait main. Côté modèles, on a mis le paquet!
Mis: la main (si je peux dire) sur le livre 365 positions, du sexe où vous voulez, du sexe quand vous voulez (Éditions de La Martinière). Tout a commencé par une chronique sur les positions sexuelles sur le site Nerve.com. Les deux sexpertes, Em et Lo, y sont allées de suggestions farfelues et acrobatiques, voire sportives ou carrément fictives, histoire de pimenter la chose et de joindre l'inutile à l'agréable. Chaque position a un nom: Table rase, Poignées d'amour, Narcoleptiques, Je veux ma maman! En date du 30 juillet: Transmission manuelle. C'est automatique, vous voudrez l'essayer. Positions de plein air ou d'intérieur, le pied assuré.
Aimé: le récit Garbo, mon printemps 1952 de Nelly Baringer (Scali). Ce printemps-là, Nelly fait la rencontre de Greta Garbo dans une galerie d'art parisienne où elle travaille. Elles connaîtront l'amour et les plaisirs saphiques. Cinquante ans plus tard, Nelly a construit son récit sur une rencontre et un regret, celui de ne pas avoir été celle qui aurait pris soin de Garbo jusqu'à la fin. «Et puis l'amour est si fugitif et peu d'êtres humains ont le don, la patience, la sensibilité, la volonté d'entretenir et de protéger cet oiseau si rare qu'est l'amour. C'est un effort de chaque instant, une préoccupation constante et sans égoïsme», écrit celle qui dit avoir appris à faire l'amour au musée Rodin...
Ce doit être feng shui, en plus d'être tonique. Même les pudiques s'y adonnent, j'en connais, et ils ne s'en vantent guère. La nuit, sur leur balcon en hauteur ou dans leur cour ombragée, ils regarderont les étoiles, un verre de rosé à la main. Ils tenteront le septième ciel, un vers de Ronsard à la bouche: «Vivez, si vous m'en croyez, n'attendez à demain. Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.»
Si on craint les voyeurs ou les paparazzis, les «outgames» amoureux se préparent à l'arraché même s'ils sont souvent le fruit de l'inspiration du moment. Un savant mélange de prédisposition naturelle, de météo complice et de brèche dans le temps font de l'occasion, le larron.
Conseils de pros
Dans le livre Sex advice from... publié par les éditeurs du site Nerve.com (Chronicle Books, 2006), on demande à de simples manants, amants de tous les jours, individus de tous les horizons, barmans, serveuses, costumiers, D.J., coiffeuses, vendeurs d'automobiles, membres de Mensa, de nous donner des conseils sur le sexe, toutes les formes d'approche et d'apprêts, crus ou cuits, notamment le sexe de plein air ou dans les endroits publics. Un des meilleurs ouvrages à posséder sur l'étiquette sexuelle et les us et coutumes de vos contemporains, Sex advice from... touche à tout, même où c'est pas permis.
Au rayon des voluptés extérieures, un messager à vélo conseille les cages d'escaliers et les ascenseurs de service. Un blogueur y va pour le toit de son immeuble (tout le monde fait ça, dit-il) et déconseille les taxis et les calèches (trop cliché!). Un cowboy, Tom, 59 ans, nous raconte ses prouesses près des ruisseaux, sur des couvertures de cheval, dans le foin, SUR le dos du cheval au trot... Son copain Max, 51 ans, suggère le toit d'une Corvette parce qu'il n'y a pas l'espace nécessaire à l'intérieur! Brokeback Mountain version motorisée.
Une diplomate se remémore les toilettes d'un avion durant le film. Gare aux détecteurs de fumée... Une expat à Rome nous signale que les Italiens vivant en grande majorité chez leur mama italienne (des mamounis), on pratique la scopatina partout: dans les rues sales et transversales, les toilettes de cafés, derrière les fontaines, les marches d'escaliers, jusque dans les Fiat stationnées à la Gianicolo, avec vue sur la ville cachée par les journaux qui tapissent les pare-brises. Les autos à l'arrêt sont prises de quintes de toux.
Un designer d'intérieur en pince pour les salles d'essayage de Banana Republic par jours pluvieux. Une moquette épaisse, des portes étanches et des salles plutôt vastes, résume-t-il. Quant à l'éclairage au néon, on ferme les yeux.
Conseil de top-modèle, jamais pris au dépourvu, apportez votre lubrifiant avec votre gomme à mâcher. La panne sèche est à éviter.
Tam la galette, les garçons, les filles avec!
Laissons aux touristes le stationnement du mont Royal, le parc Lafontaine ou le belvédère de Westmount, beaucoup trop patrouillé, et plongeons-nous dans Où se bécoter à Montréal (Québec-Amérique, 1997), un guide qui a pris des rides mais qui demeure une source fiable dans l'ensemble. Si la limousine de location tient de l'évidence, les canots loués des îles de Boucherville (d'accord on s'éloigne un peu mais c'est pour mieux revenir) ou les pédalos de l'île Bizard valent le détour. Discrétion assurée. Pour les grands vertiges, la grande roue de la Ronde. Pour les petits, le cinéma L'Amour et ses loges VIP pour couples.
J'aime bien l'arrière de l'Oratoire, la nuit, angle Surrey Gardens et Devon. Très joli, surtout quand le dôme est encore illuminé, avant 23 h. Je vous donne aussi l'adresse du Tokyo Sukiyaki (7355, rue Mountainsight) où chaque table a droit à l'intimité d'une cabine en papier de riz. Discret visuellement mais acoustiquement faible, sauf pour les exhibitionnistes.
Dernière recommandation d'une bonne amie (O.K., c'est moi, mais je n'avais que 17 ans et c'est un prêtre défroqué qui m'a poussée au crime): le cimetière Mont-Royal, du côté des Anglais. Toujours très tranquille, surtout la nuit. Tant qu'à profaner les bonnes moeurs, aussi bien le faire en muette compagnie ou dans une langue étrangère.
cherejoblo@ledevoir.com
***
Ceci n'est pas un blogue
Les blogueurs de Montréal prennent l'air
En juin dernier, on leur a demandé quels étaient les endroits mémorables où ils avaient forniqué:
- Hakim: Dans les bois.
- Patrick: Est-ce que Sherbrooke est trop étrange?
- Julien: Dans un photomaton. Le rideau n'était pas assez long et j'ai failli me faire arrêter.
- Michel: Sous un viaduc en Californie, il y a plus de 20 ans.
- Philippe: Sur le mont Royal.
- Eric B: Dans les cabines remonte-pentes de Jay Peak
- Stéphane & Caroline: On aime beaucoup les arbres!
- Martine: Dans un blogue (section commentaires).
- Blork: Dans le monument des pêcheurs à Budapest.
- Shiraz: Dans un jacuzzi à Vérone.
- René: Sur une île au milieu de la rivière Rouge.
- Nick: Sur le parterre avant de la résidence d'un millionnaire cubain.
- Kristi: Dans les toilettes d'un McDo.
- Ella: Dans la tour Eiffel.
- Marie-Jo: Dans les bois, à côté de la piste de ski.
- François: Dans un cinéma.
- Dominic: Sur une plage à Cuba.
- Carl: Dans un parc, à côté d'un nain de jardin.
- Michel: Dans une salle de classe de l'UQAM
- Eric D: Dans une cour d'école, à 1 heure du mat.
- Vila H.: Dans un cimetière.
- Frank: Dans le stationnement de La Ronde avec une belle vue sur la ville.
- Anonyme: dans une toilette chimique durant la visite de Jean-Paul II à Québec.
Tiré de: http://montreal.metblogs.com/archives/2006/06/where_yulblogge.phtml.
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Adoré: le spectacle Ola Kala de la compagnie les Arts Sauts, présenté à la TOHU jusqu'au 12 août. Des athlètes de haut niveau, ces trapézistes font l'amour comme des oiseaux, en plein vol. Grande poésie du mouvement qui se nourrit d'une musique live tout à fait synchrone. Ne ratez pas ce passage inoubliable à Montréal. D'ailleurs, ce sera aussi le dernier!
1-888-376-TOHU. www.arts-sauts.org
Offert: le livre The Male Nude de David Leddick (Taschen) à une amie qui collectionne les nus masculins depuis lulurre. De magnifiques photographies, qui datent pour certaines de la fin du XIXe siècle, nous montrent le mâle sous toutes ses coutures, fait main. Côté modèles, on a mis le paquet!
Mis: la main (si je peux dire) sur le livre 365 positions, du sexe où vous voulez, du sexe quand vous voulez (Éditions de La Martinière). Tout a commencé par une chronique sur les positions sexuelles sur le site Nerve.com. Les deux sexpertes, Em et Lo, y sont allées de suggestions farfelues et acrobatiques, voire sportives ou carrément fictives, histoire de pimenter la chose et de joindre l'inutile à l'agréable. Chaque position a un nom: Table rase, Poignées d'amour, Narcoleptiques, Je veux ma maman! En date du 30 juillet: Transmission manuelle. C'est automatique, vous voudrez l'essayer. Positions de plein air ou d'intérieur, le pied assuré.
Aimé: le récit Garbo, mon printemps 1952 de Nelly Baringer (Scali). Ce printemps-là, Nelly fait la rencontre de Greta Garbo dans une galerie d'art parisienne où elle travaille. Elles connaîtront l'amour et les plaisirs saphiques. Cinquante ans plus tard, Nelly a construit son récit sur une rencontre et un regret, celui de ne pas avoir été celle qui aurait pris soin de Garbo jusqu'à la fin. «Et puis l'amour est si fugitif et peu d'êtres humains ont le don, la patience, la sensibilité, la volonté d'entretenir et de protéger cet oiseau si rare qu'est l'amour. C'est un effort de chaque instant, une préoccupation constante et sans égoïsme», écrit celle qui dit avoir appris à faire l'amour au musée Rodin...
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