Attention ! Zone épineuse
Photo : Jacques Nadeau
La Ville subventionne le terrorisme... «socialement acceptable », s'entend. Résultat : un mont Royal dévisagé par des mètres et des mètres de ruban jaune. Attention ! Zone épineuse devant.
Personne n'a besoin de prétexte pour marcher sur le mont Royal. Véritable poumon de la ville, richesse sans égale dans un milieu fortement urbanisé, les portes de la montagne sont toujours grandes ouvertes, comme celles de la maison d'un bon ami. On peut s'y réfugier, s'y balader, y jogger, l'arpenter, le découvrir. Jusqu'à mardi, on peut aussi l'entendre et le voir sous un jour plus engagé.
L'Action terroriste socialement acceptable (ATSA), un duo d'artistes au nom aussi audacieux que les oeuvres qu'il produit, a pris le mont Royal en otage du 5 au 15 octobre. Son objectif : guider le pas des promeneurs d'une mise en scène à l'autre afin de lui faire prendre conscience des dangers qui menacent cette bucolique bute, voire l'environnement pris au sens le plus large. Et ils sont nombreux, ces dangers : coupe à blanc, inondation, étalement urbain, etc.
« Nos six stations sont autant d'emblèmes d'une intervention humaine outrageuse envers l'exploitation de nos ressources naturelles », précise l'artiste et cofondatrice de l'ATSA, Annie Roy.
Avec Pierre Allard, ils ont ainsi entouré de multiples arbres d'un ruban jaune rappelant celui qu'utilise la police, ils ont « planté » des forêts de panneaux signalétiques, ils ont dispersé des détritus sur les sentiers de la montagne. Toutes ces actions visent à sensibiliser le marcheur à la précarité du patrimoine écologique que sont les arbres, la forêt et la montagne.
En cette Année internationale de la montagne, les artistes ont également voulu susciter une réflexion qui dépasse les frontières du mont Royal, du Québec, du pays. Ainsi, une bande sonore a été implantée aux abords de deux des six stations. En prêtant l'oreille, le passant pourra ainsi entendre, dans leur langue d'origine, les témoignages, chansons ou contes relatifs à la forêt de Michel Mpambara (burundais), Wajdi Mouawad (libanais), Paulo Ramos (portugais), Kim Yaroscheskaya (russe) et Milton Tanaka (japonais).
« Nous voulions faire le pont entre multiculturalisme et biodiversité, précise Annie Roy. Nous voulions faire le tour de la planète. »
Par leur intervention, les artistes souhaitent montrer du doigt le peu de cas des dirigeants face à ce qu'ils considèrent être une exploitation abusive des forêts, sans respect pour la faune et la flore, sans penser aux graves conséquences du déplacement de populations entières, sans se soucier du réchauffement de la planète.
« Depuis trop longtemps maintenant, croit l'ATSA, le droit à l'exploitation des richesses surpasse celui de la préservation du bien commun. En tant que citoyens du monde, notre léthargie nous rend complices des crimes causés à l'environnement et tout porte à croire que l'entreprise privée et les gouvernements n'agiront pas réellement tant qu'ils ne ressentiront pas une pression sans équivoque de la masse électorale. »
L'opération Attention ! Zone épineuse est le premier volet de l'événement « La montagne, la forêt, l'arbre » qu'organisent la Ville de Montréal, le gouvernement du Québec et l'UNESCO. Installations, poésie, théâtre, danse, musique, conférence et films ponctueront cette manifestation qui se déroulera jusqu'au 8 avril prochain.
Renseignements : atsa.qc.ca, montagnes2002.org, unesco.org.
Les six stations de l'ATSA
- Lac aux Castors : Les inondations
- Abords de la statue de l'Ange (les tam-tam) : La coupe à blanc
- Belvédère Camillien-Houde : La vue ou le reflet ?
- Abords inférieurs du belvédère Camillien-Houde : Les dépotoirs
- Antennes de communication : L'intégrité du paysage
- Sentier de l'avenue du Mont-Royal : L'étalement urbain
Personne n'a besoin de prétexte pour marcher sur le mont Royal. Véritable poumon de la ville, richesse sans égale dans un milieu fortement urbanisé, les portes de la montagne sont toujours grandes ouvertes, comme celles de la maison d'un bon ami. On peut s'y réfugier, s'y balader, y jogger, l'arpenter, le découvrir. Jusqu'à mardi, on peut aussi l'entendre et le voir sous un jour plus engagé.
L'Action terroriste socialement acceptable (ATSA), un duo d'artistes au nom aussi audacieux que les oeuvres qu'il produit, a pris le mont Royal en otage du 5 au 15 octobre. Son objectif : guider le pas des promeneurs d'une mise en scène à l'autre afin de lui faire prendre conscience des dangers qui menacent cette bucolique bute, voire l'environnement pris au sens le plus large. Et ils sont nombreux, ces dangers : coupe à blanc, inondation, étalement urbain, etc.
« Nos six stations sont autant d'emblèmes d'une intervention humaine outrageuse envers l'exploitation de nos ressources naturelles », précise l'artiste et cofondatrice de l'ATSA, Annie Roy.
Avec Pierre Allard, ils ont ainsi entouré de multiples arbres d'un ruban jaune rappelant celui qu'utilise la police, ils ont « planté » des forêts de panneaux signalétiques, ils ont dispersé des détritus sur les sentiers de la montagne. Toutes ces actions visent à sensibiliser le marcheur à la précarité du patrimoine écologique que sont les arbres, la forêt et la montagne.
En cette Année internationale de la montagne, les artistes ont également voulu susciter une réflexion qui dépasse les frontières du mont Royal, du Québec, du pays. Ainsi, une bande sonore a été implantée aux abords de deux des six stations. En prêtant l'oreille, le passant pourra ainsi entendre, dans leur langue d'origine, les témoignages, chansons ou contes relatifs à la forêt de Michel Mpambara (burundais), Wajdi Mouawad (libanais), Paulo Ramos (portugais), Kim Yaroscheskaya (russe) et Milton Tanaka (japonais).
« Nous voulions faire le pont entre multiculturalisme et biodiversité, précise Annie Roy. Nous voulions faire le tour de la planète. »
Par leur intervention, les artistes souhaitent montrer du doigt le peu de cas des dirigeants face à ce qu'ils considèrent être une exploitation abusive des forêts, sans respect pour la faune et la flore, sans penser aux graves conséquences du déplacement de populations entières, sans se soucier du réchauffement de la planète.
« Depuis trop longtemps maintenant, croit l'ATSA, le droit à l'exploitation des richesses surpasse celui de la préservation du bien commun. En tant que citoyens du monde, notre léthargie nous rend complices des crimes causés à l'environnement et tout porte à croire que l'entreprise privée et les gouvernements n'agiront pas réellement tant qu'ils ne ressentiront pas une pression sans équivoque de la masse électorale. »
L'opération Attention ! Zone épineuse est le premier volet de l'événement « La montagne, la forêt, l'arbre » qu'organisent la Ville de Montréal, le gouvernement du Québec et l'UNESCO. Installations, poésie, théâtre, danse, musique, conférence et films ponctueront cette manifestation qui se déroulera jusqu'au 8 avril prochain.
Renseignements : atsa.qc.ca, montagnes2002.org, unesco.org.
Les six stations de l'ATSA
- Lac aux Castors : Les inondations
- Abords de la statue de l'Ange (les tam-tam) : La coupe à blanc
- Belvédère Camillien-Houde : La vue ou le reflet ?
- Abords inférieurs du belvédère Camillien-Houde : Les dépotoirs
- Antennes de communication : L'intégrité du paysage
- Sentier de l'avenue du Mont-Royal : L'étalement urbain
Haut de la page

