C'est la vie! - Wô môman!
Photo : Pascal Ratthé
« Rien n’est grave, tout est essentiel » : tiré de Maman zen, de Flavia Accorsi, Presses du Châtelet.
Tu l'auras remarqué, du haut de tes deux ans et demi, je ne lis plus aucun livre consacré à l'éducation des tout-petits, à l'avenir précaire des garçons prédisposés au décrochage scolaire et à la délinquance, à la douance et au développement psychomoteur, à la séparation des parents postmodernes, à l'alimentation idéale pour augmenter ton Q.I., aux avancées de la pédopsychiatrie, aux méfaits des garderies, à la façon la moins traumatisante de t'entraîner à faire pipi dans le pot, à tout ce qui se joue avant quatre ans, six ans ou vingt ans. Basta ! J'en ai plein le dos. Je suis devenue une mère ignare et soulagée qui joue au ping-pong avec son fils en rigolant.
Mon petit B déjà grand,
Et comme je ne démissionne pas en paresseuse, je me suis enfilé des ouvrages savamment documentés pour effectuer ce recul stratégique, de Perfect Madness à The Mommy Myth et Maman zen en passant par les Confessions d'une mère qui en a marre, le dernier livre feel good qui m'a déculpabilisée de ne pas t'acheter des jouets éducatifs chez Franc Jeu, de ne pas t'offrir la trottinette dont tu rêves depuis des semaines et de ne plus te nourrir 100 % bio au risque de devenir 100 % barjo.
J'ajoute que je n'ai jamais amorcé le début du commencement de cet album de scrapbooking consacré à tes premiers exploits en tricycle ni suivi le cours de communication parents-guides et parents-complices ou la formation YAPP (y a personne de parfait). J'ai aussi abandonné deux fois plutôt qu'une les cours de natation du YMCA le samedi matin, je ne suis pas toujours là pour te moucher le nez en six copies et j'arrive à prendre des vacances de mon rôle de maman sans me sentir (trop) indispensable. L'enfant est l'argile, la mère est le potier, dit le proverbe, mais j'ai laissé tomber les cours de poterie et la galerie d'art.
Tu vois ? Je grandis vite, moi aussi. J'ai réalisé que trop d'information et de bonne volonté peut tuer ce que j'ai de plus précieux après l'amour : l'instinct. Ce radar à pièges à cons s'appelle aussi le sixième sens et me dicte quel est le chemin le plus souhaitable pour nous deux. Et, crois-moi, il ne sera pas toujours carrossable même s'il est pavé des meilleures intentions du monde.
La promesse de l'aube
Romain Gary, qui a été propulsé à la face du monde par une mère mythique, a écrit : « Avec l'amour maternel, la vie nous a fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. » C'est si vrai que la vie te décevra, te frustrera et t'enlèvera certaines illusions que je pourrais maintenir artificiellement sous respirateur en faisant de chacune de tes journées un Disneyland improvisé avec des relents de barbe à papa et de nausée.
Les parents les mieux intentionnés se rendent coupables d'éducation extrême à force de concurrence et de performance. Ces compétences jugées utiles, voire admirables dans la poursuite d'une carrière, s'appliquent désormais à l'art de stimuler un foetus avec la musique de Mozart dans l'utérus. Les parents en font trop et les enfants sont soumis à une pression exagérée, composée d'attentes irréalistes.
À force de vouloir tout accomplir, et encore mieux que les autres, je suis régulièrement tentée de faire de toi le jouet de mes ambitions maternelles, un prototype expérimental sur la voie de la perfection. Comme me l'a expliqué Muffy Mead-Ferro, l'auteur de Confessions d'une mère qui en a marre, il est plus important pour toi de prendre des risques et d'être déçu que d'exceller au soccer en sachant que ta mère applaudit dans les gradins. Tu seras fier à tes propres yeux et non à travers mon regard trop indulgent.
Il est plus sage pour ton avenir que tu apprennes à rebondir devant les coups du sort que d'être un petit prodige en mathématiques ou au piano. Il est nécessaire que tu saches te divertir par toi-même et que tu trouves des solutions à l'ennui plutôt que d'être passif devant un jouet qui en fait trop. En ce qui me concerne, le tube en carton du rouleau de papier essuie-tout a encore de beaux jours devant lui comme télescope, porte-voix, bâton de vieillesse, épée de chevalier ou marionnette à doigts.
Ton imagination me sidère et ta créativité est ton alliée la plus sûre. Plus un enfant a de jouets, moins il les trouve intéressants, m'a dit Muffy, ma nouvelle amie-maman qui en a marre et qui l'a crié sur toutes les tribunes au risque de choquer l'Amérique. Au contraire, son livre est devenu un best-seller aux États-Unis.
Cette mère de deux jeunes enfants sur le tard (les vieilles jeunes mamans sont les pires en ce qui a trait au sacrifice de soi) m'a aussi révélé une chose : les mamans ne lâchent prise qu'à partir du moment où on les convainc que leurs enfants en profiteront. Jamais elles ne deviendront des «fainéantes » pour leur bien-être personnel si leur progéniture n'est pas assurée d'en tirer quelque chose comme le prix Nobel de la sainte paix.
Une déesse comme les autres
Un jour, tu comprendras pourquoi je ne me balade pas avec un distributeur de Purell à la ceinture (vu de mes yeux vu !), pourquoi je ne prends même plus la peine de désinfecter les jouets que j'achète au Village des Valeurs (on par-ta-ge les microbes... ), pourquoi je ne te donne jamais de Nutella et que je jette tous les restants de chocolat le lundi de Pâques (l'anhédonisme est une maladie infantile grave), pourquoi je te punis même devant les visiteurs (parce que c'est surtout devant eux que tu testes les limites, vilaine ortie) et pourquoi j'ai décidé d'être une good enough mother après avoir vu le documentaire Le Mythe de la bonne mère de Micheline Lanctôt.
Nous avons placé la barre trop haut et nous essayons de ressembler à l'image de Déméter plutôt qu'à celle d'une humaine, imparfaite et infiniment plus aimable en raison des défaillances de son système nerveux.
Bref, avec le recul, peut-être jugeras-tu que j'ai été un peu trop sévère avec toi, mais dès aujourd'hui, j'apprends à l'être un peu moins envers moi-même. C'est le seul cadeau de fête des Mères qui me fasse envie.
Ta mamounouche
cherejoblo@ledevoir.com
***
Ceci n'est pas un blogue
La litanie des pourquoi
Ç'a commencé il y a quelques semaines et, depuis, tout y passe. Pourquoi ci ? Pourquoi ça ? J'en ai pour combien d'années au juste à répondre : « Euh... je ne sais pas » ? Pour ajouter à la litanie, je collectionne les livres jeunesse qui traitent du pourquoi. Mon préféré ? Le Livre des petits pourquoi (Milan jeunesse). Pourquoi les sorcières font-elles des potions avec du pipi de grenouille ? Pourquoi les grenouilles chantent-elles sous la pluie ? Pourquoi la pluie rend-elle les escargots curieux ? Pourquoi le ciel n'a-t-il pas été petit avant d'être grand ? Pourquoi les grands ne répondent-ils pas toujours aux pourquoi des enfants ? Pas une seule réponse, que des questions. Mon genre de philosophie.
Quand je tente une réponse avec mon B., ça donne des conversations comme celle-ci, devant la photo d'une petite fille dans un bidonville indien dans le livre J'habite ici :
- « Maman, pourquoi la petite fille, elle n'a pas de chambre ?
- Parce qu'elle est pauvre.
- Pourquoi elle est pauvre ?
- Parce que ses parents n'ont pas de travail.
- Pourquoi ses parents n'ont pas de travail ?
- Parce qu'il n'y a pas de justice.
- Pourquoi il n'y a pas de zustice ?
- Parce que même s'il y en avait, il n'y en aurait pas pour tout le monde. »
Visite à domicile
Le CLSC de mon quartier m'envoie une travailleuse sociale qui vient vérifier si la monoparentale n'est pas trop dépassée et comment elle se débrouille avec l'enfant terrible de deux ans et demi, une espèce en voie de disparition mais réputée agressive.
Papote, papote, la jeune TS m'explique que dans le quartier Côte-des-Neiges, les immigrants sont sidérés de voir à quel point leur communauté d'adoption ne se mobilise pas dans l'éducation des enfants des autres !
Qu'ils débarquent du Congo ou du Pakistan, les parents immigrants s'attendent à ce que les voisins, des adultes qui croisent leurs jeunes dans la rue, les remettent à leur place et dans le droit chemin, si nécessaire avec une tape derrière la tête ou un coup de pied au cul, puis on n'en parle plus. «Ils ont l'habitude d'élever les enfants en communauté, a laissé tomber la TS.
Leur plus grande inquiétude quand ils voient comment on éduque nos enfants ici, c'est que leurs ados finissent par être des délinquants parce qu'ils ne peuvent pas les avoir à l'oeil tout le temps. » J'ai toujours trouvé que les enfants écoutent mieux quand ce ne sont pas leurs parents qui interviennent. Qu'est-ce qu'on attend pour laisser les autres s'en mêler ?
***
Aimé : le livre Ma maman (Éditions Pastel). Sa maman n'aime pas balayer, n'aime pas tricoter, n'aime pas cuisiner ni laver la vaisselle. Elle est formidable. Le texte se résume à ça, mais les intentions condensent 40 ans de féminisme. Moi, j'aime faire tout ça et je ne m'en porte pas plus mal... mais bon, on peut avoir des principes d'éducation.
Tripé : sur un autre livre intitulé Ma maman (Lutin poche de l'École des loisirs). Celle-là aurait pu être astronaute, ballerine ou vedette de cinéma, mais c'est une supermaman. On les aime comme ça, surtout quand elles ont le sourire en prime !
Reçu : Petit livre pour maman... que j'aime (Presses du Châtelet). Des citations à foison et toutes plus justes les unes que les autres : « En prenant l'enfant par la main, on prend la mère par le coeur » (proverbe danois) ; ou encore : « L'amour maternel est le plus éminent des sentiments égoïstes ou, pour dire autrement, le plus énergique des sentiments altruistes » (Alain). Assez fort pour elle mais conçu pour toute la famille.
Savouré : L'Album de ma grand-mère (Éditions de La Martinière jeunesse), un livre qui permet à l'enfant d'établir une filiation avec son aïeule et de connaître son histoire, sa naissance, sa propre enfance, la rencontre de papi et mamie, son travail, ses goûts, en photos, en dessins et en mots. Charmant !
Embrassé : Jacques Languirand sur les deux joues à l'occasion de son 75e anniversaire de naissance. «Tu es ma mère spirituelle », lui ai-je murmuré au creux du sourcil. Vous pourrez emprunter les quatre chemins de sa vie et le chercher de midi à 14h demain à la Première Chaîne de Radio-Canada, qui consacre un grand document radiophonique à l'homme de théâtre, au communicateur et à l'animateur de Par 4 chemins depuis 35 ans.
Souri : à des cols bleus qui m'envoyaient la main en roulant à bord de leur camion tandis que j'emmenais monsieur B. à la garderie à pied. «Qu'est-ce qu'il fait le monsieur, maman ? - Il drague. - Elle est où, la drague ? - Dans l'air... - Ze la vois pas, maman ! - T'es trop petit, mon B. ! - Mais quand ze va être grand, ze va la voir ! »
Mon petit B déjà grand,
Et comme je ne démissionne pas en paresseuse, je me suis enfilé des ouvrages savamment documentés pour effectuer ce recul stratégique, de Perfect Madness à The Mommy Myth et Maman zen en passant par les Confessions d'une mère qui en a marre, le dernier livre feel good qui m'a déculpabilisée de ne pas t'acheter des jouets éducatifs chez Franc Jeu, de ne pas t'offrir la trottinette dont tu rêves depuis des semaines et de ne plus te nourrir 100 % bio au risque de devenir 100 % barjo.
J'ajoute que je n'ai jamais amorcé le début du commencement de cet album de scrapbooking consacré à tes premiers exploits en tricycle ni suivi le cours de communication parents-guides et parents-complices ou la formation YAPP (y a personne de parfait). J'ai aussi abandonné deux fois plutôt qu'une les cours de natation du YMCA le samedi matin, je ne suis pas toujours là pour te moucher le nez en six copies et j'arrive à prendre des vacances de mon rôle de maman sans me sentir (trop) indispensable. L'enfant est l'argile, la mère est le potier, dit le proverbe, mais j'ai laissé tomber les cours de poterie et la galerie d'art.
Tu vois ? Je grandis vite, moi aussi. J'ai réalisé que trop d'information et de bonne volonté peut tuer ce que j'ai de plus précieux après l'amour : l'instinct. Ce radar à pièges à cons s'appelle aussi le sixième sens et me dicte quel est le chemin le plus souhaitable pour nous deux. Et, crois-moi, il ne sera pas toujours carrossable même s'il est pavé des meilleures intentions du monde.
La promesse de l'aube
Romain Gary, qui a été propulsé à la face du monde par une mère mythique, a écrit : « Avec l'amour maternel, la vie nous a fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. » C'est si vrai que la vie te décevra, te frustrera et t'enlèvera certaines illusions que je pourrais maintenir artificiellement sous respirateur en faisant de chacune de tes journées un Disneyland improvisé avec des relents de barbe à papa et de nausée.
Les parents les mieux intentionnés se rendent coupables d'éducation extrême à force de concurrence et de performance. Ces compétences jugées utiles, voire admirables dans la poursuite d'une carrière, s'appliquent désormais à l'art de stimuler un foetus avec la musique de Mozart dans l'utérus. Les parents en font trop et les enfants sont soumis à une pression exagérée, composée d'attentes irréalistes.
À force de vouloir tout accomplir, et encore mieux que les autres, je suis régulièrement tentée de faire de toi le jouet de mes ambitions maternelles, un prototype expérimental sur la voie de la perfection. Comme me l'a expliqué Muffy Mead-Ferro, l'auteur de Confessions d'une mère qui en a marre, il est plus important pour toi de prendre des risques et d'être déçu que d'exceller au soccer en sachant que ta mère applaudit dans les gradins. Tu seras fier à tes propres yeux et non à travers mon regard trop indulgent.
Il est plus sage pour ton avenir que tu apprennes à rebondir devant les coups du sort que d'être un petit prodige en mathématiques ou au piano. Il est nécessaire que tu saches te divertir par toi-même et que tu trouves des solutions à l'ennui plutôt que d'être passif devant un jouet qui en fait trop. En ce qui me concerne, le tube en carton du rouleau de papier essuie-tout a encore de beaux jours devant lui comme télescope, porte-voix, bâton de vieillesse, épée de chevalier ou marionnette à doigts.
Ton imagination me sidère et ta créativité est ton alliée la plus sûre. Plus un enfant a de jouets, moins il les trouve intéressants, m'a dit Muffy, ma nouvelle amie-maman qui en a marre et qui l'a crié sur toutes les tribunes au risque de choquer l'Amérique. Au contraire, son livre est devenu un best-seller aux États-Unis.
Cette mère de deux jeunes enfants sur le tard (les vieilles jeunes mamans sont les pires en ce qui a trait au sacrifice de soi) m'a aussi révélé une chose : les mamans ne lâchent prise qu'à partir du moment où on les convainc que leurs enfants en profiteront. Jamais elles ne deviendront des «fainéantes » pour leur bien-être personnel si leur progéniture n'est pas assurée d'en tirer quelque chose comme le prix Nobel de la sainte paix.
Une déesse comme les autres
Un jour, tu comprendras pourquoi je ne me balade pas avec un distributeur de Purell à la ceinture (vu de mes yeux vu !), pourquoi je ne prends même plus la peine de désinfecter les jouets que j'achète au Village des Valeurs (on par-ta-ge les microbes... ), pourquoi je ne te donne jamais de Nutella et que je jette tous les restants de chocolat le lundi de Pâques (l'anhédonisme est une maladie infantile grave), pourquoi je te punis même devant les visiteurs (parce que c'est surtout devant eux que tu testes les limites, vilaine ortie) et pourquoi j'ai décidé d'être une good enough mother après avoir vu le documentaire Le Mythe de la bonne mère de Micheline Lanctôt.
Nous avons placé la barre trop haut et nous essayons de ressembler à l'image de Déméter plutôt qu'à celle d'une humaine, imparfaite et infiniment plus aimable en raison des défaillances de son système nerveux.
Bref, avec le recul, peut-être jugeras-tu que j'ai été un peu trop sévère avec toi, mais dès aujourd'hui, j'apprends à l'être un peu moins envers moi-même. C'est le seul cadeau de fête des Mères qui me fasse envie.
Ta mamounouche
cherejoblo@ledevoir.com
***
Ceci n'est pas un blogue
La litanie des pourquoi
Ç'a commencé il y a quelques semaines et, depuis, tout y passe. Pourquoi ci ? Pourquoi ça ? J'en ai pour combien d'années au juste à répondre : « Euh... je ne sais pas » ? Pour ajouter à la litanie, je collectionne les livres jeunesse qui traitent du pourquoi. Mon préféré ? Le Livre des petits pourquoi (Milan jeunesse). Pourquoi les sorcières font-elles des potions avec du pipi de grenouille ? Pourquoi les grenouilles chantent-elles sous la pluie ? Pourquoi la pluie rend-elle les escargots curieux ? Pourquoi le ciel n'a-t-il pas été petit avant d'être grand ? Pourquoi les grands ne répondent-ils pas toujours aux pourquoi des enfants ? Pas une seule réponse, que des questions. Mon genre de philosophie.
Quand je tente une réponse avec mon B., ça donne des conversations comme celle-ci, devant la photo d'une petite fille dans un bidonville indien dans le livre J'habite ici :
- « Maman, pourquoi la petite fille, elle n'a pas de chambre ?
- Parce qu'elle est pauvre.
- Pourquoi elle est pauvre ?
- Parce que ses parents n'ont pas de travail.
- Pourquoi ses parents n'ont pas de travail ?
- Parce qu'il n'y a pas de justice.
- Pourquoi il n'y a pas de zustice ?
- Parce que même s'il y en avait, il n'y en aurait pas pour tout le monde. »
Visite à domicile
Le CLSC de mon quartier m'envoie une travailleuse sociale qui vient vérifier si la monoparentale n'est pas trop dépassée et comment elle se débrouille avec l'enfant terrible de deux ans et demi, une espèce en voie de disparition mais réputée agressive.
Papote, papote, la jeune TS m'explique que dans le quartier Côte-des-Neiges, les immigrants sont sidérés de voir à quel point leur communauté d'adoption ne se mobilise pas dans l'éducation des enfants des autres !
Qu'ils débarquent du Congo ou du Pakistan, les parents immigrants s'attendent à ce que les voisins, des adultes qui croisent leurs jeunes dans la rue, les remettent à leur place et dans le droit chemin, si nécessaire avec une tape derrière la tête ou un coup de pied au cul, puis on n'en parle plus. «Ils ont l'habitude d'élever les enfants en communauté, a laissé tomber la TS.
Leur plus grande inquiétude quand ils voient comment on éduque nos enfants ici, c'est que leurs ados finissent par être des délinquants parce qu'ils ne peuvent pas les avoir à l'oeil tout le temps. » J'ai toujours trouvé que les enfants écoutent mieux quand ce ne sont pas leurs parents qui interviennent. Qu'est-ce qu'on attend pour laisser les autres s'en mêler ?
***
Aimé : le livre Ma maman (Éditions Pastel). Sa maman n'aime pas balayer, n'aime pas tricoter, n'aime pas cuisiner ni laver la vaisselle. Elle est formidable. Le texte se résume à ça, mais les intentions condensent 40 ans de féminisme. Moi, j'aime faire tout ça et je ne m'en porte pas plus mal... mais bon, on peut avoir des principes d'éducation.
Tripé : sur un autre livre intitulé Ma maman (Lutin poche de l'École des loisirs). Celle-là aurait pu être astronaute, ballerine ou vedette de cinéma, mais c'est une supermaman. On les aime comme ça, surtout quand elles ont le sourire en prime !
Reçu : Petit livre pour maman... que j'aime (Presses du Châtelet). Des citations à foison et toutes plus justes les unes que les autres : « En prenant l'enfant par la main, on prend la mère par le coeur » (proverbe danois) ; ou encore : « L'amour maternel est le plus éminent des sentiments égoïstes ou, pour dire autrement, le plus énergique des sentiments altruistes » (Alain). Assez fort pour elle mais conçu pour toute la famille.
Savouré : L'Album de ma grand-mère (Éditions de La Martinière jeunesse), un livre qui permet à l'enfant d'établir une filiation avec son aïeule et de connaître son histoire, sa naissance, sa propre enfance, la rencontre de papi et mamie, son travail, ses goûts, en photos, en dessins et en mots. Charmant !
Embrassé : Jacques Languirand sur les deux joues à l'occasion de son 75e anniversaire de naissance. «Tu es ma mère spirituelle », lui ai-je murmuré au creux du sourcil. Vous pourrez emprunter les quatre chemins de sa vie et le chercher de midi à 14h demain à la Première Chaîne de Radio-Canada, qui consacre un grand document radiophonique à l'homme de théâtre, au communicateur et à l'animateur de Par 4 chemins depuis 35 ans.
Souri : à des cols bleus qui m'envoyaient la main en roulant à bord de leur camion tandis que j'emmenais monsieur B. à la garderie à pied. «Qu'est-ce qu'il fait le monsieur, maman ? - Il drague. - Elle est où, la drague ? - Dans l'air... - Ze la vois pas, maman ! - T'es trop petit, mon B. ! - Mais quand ze va être grand, ze va la voir ! »
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