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Discours du Trône - Rien d'original, selon l'opposition

1 octobre 2002  Société
La gouverneure générale Adrienne Clarkson a lu le discours du Trône de Jean Chrétien, son dernier avant qu’il ne tire sa révérence.
Photo : Agence Reuters
La gouverneure générale Adrienne Clarkson a lu le discours du Trône de Jean Chrétien, son dernier avant qu’il ne tire sa révérence.
Ottawa — Les partis d'opposition n'ont pas mis longtemps pour classer le discours du Trône au rayon du recyclage, dénonçant le gouvernement qui tente de rattraper le temps perdu depuis 1993.

Les quatre partis d'opposition s'entendaient, hier, pour dire que le dernier discours du Trône de Jean Chrétien à titre de chef du gouvernement ne révolutionnait rien.

«C'est clair que le gouvernement a choisi d'enlever le livre rouge de la boîte de recyclage» et de le resservir à la population, a dénoncé la leader du Nouveau Parti démocratique, Alexa McDonough, une boîte bleue de recyclage dans les mains pour illustrer son propos.

«C'est comme d'habitude. Beaucoup de rhétorique, beaucoup de promesses, mais sans détail et sans prix», a indiqué pour sa part le chef de l'Alliance canadienne, Stephen Harper, qui parle «d'idées recyclées».

Selon M. Harper, le gouvernement a oublié des pans importants des préoccupations en mettant de côté la défense, l'aide aux travailleurs touchés par le conflit du bois d'oeuvre, et le secteur de l'agriculture.

«Je crois qu'on veut dépenser beaucoup d'argent pour tenter de trouver un héritage qui n'existe pas», a ajouté le chef allianciste, faisant référence au rapprochement entendu à de multiples reprises voulant que le discours du Trône représente l'héritage de Jean Chrétien.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a aussi fait allusion à cet héritage pour critiquer les orientations du gouvernement. «C'est la même vision centralisatrice. Si c'est ça l'héritage, on oublie de coucher le Québec sur le testament», a fait valoir M. Duceppe, qui s'est dit préoccupé par les «empiétements possibles» d'Ottawa dans les champs de compétence provinciaux.

Il cite en exemple les promesses faites aux villes de mettre sur pied un programme de financement des infrastructures. Selon le programme fédéral-provincial-municipal actuel, Québec est le maître d'oeuvre des projets. «Est-ce qu'on veut passer par-dessus les provinces?», s'interroge M. Duceppe.

Quant au reste des propositions du gouvernement, le chef du Bloc y voit peu d'intérêt. «Je pense que c'est un rendez-vous manqué, on n'est pas passé de la parole aux actes», a noté Gilles Duceppe.

Tous les chefs des partis d'opposition ont mentionné que les belles promesses du gouvernement pourront être mieux évaluées lorsqu'Ottawa présentera son budget, au début de l'an prochain. Dans le discours du Trône, aucune promesse n'est assortie du montant d'argent que le gouvernement entend y consacrer.

Joe Clark s'est fait plus cinglant. «C'est vide. C'est un gaspillage de temps. Le gouvernement du Canada n'a pas justifié la décision d'annuler le Parlement pour présenter le discours du Trône», a indiqué le chef du Parti conservateur, n'hésitant pas à dire du gouvernement qu'il ne fait preuve «d'aucune vision» et «d'aucune direction».






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