Le miel importé menace la survie des apiculteurs canadiens
Les amateurs de miel seraient-ils trompés par les étiquettes? Oui, répondent les apiculteurs canadiens qui, en choeur, réclament une réforme en profondeur des règles d'étiquetage de leurs produits.
Réunis à Québec depuis hier pour le 65e congrès du Conseil canadien du miel (CCM), les éleveurs d'abeilles sont catégoriques. «À l'heure actuelle, les consommateurs sont un peu floués», a résumé Jean-François Doyon, président de la Fédération des apiculteurs du Québec. «Ils ont l'impression à l'épicerie d'acheter du miel canadien mais, de plus en plus, il s'agit de miel importé de Chine et d'Argentine, de moindre qualité.»
Au coeur de la méprise, une inscription, «Canada no 1», qui apparaît bien souvent sur les pots de miel. «Il s'agit d'une certification, pas d'une indication d'origine, dit M. Doyon. Cela veut dire que le miel répond aux normes canadiennes de salubrité, point. Et d'ailleurs, en tout petit, ailleurs sur l'étiquette, il est facile de constater que le produit a été importé.»
Pour mettre fin à la confusion, les apiculteurs souhaitent donc voir les règles d'étiquetage changer très rapidement, histoire d'aider les consommateurs à s'y retrouver mais aussi de les inciter à encourager les producteurs d'ici.
En effet, après avoir fait face au varroa, un parasite qui a décimé près de 60 % du cheptel québécois d'abeilles en 2003, les apiculteurs disent désormais composer avec un autre péril: la mondialisation, qui «pourrait bien, à terme, faire disparaître le miel québécois des tablettes des épiceries», craint le chef des apiculteurs.
Avec des prix défiant toute concurrence, le miel argentin, chinois et même vietnamien prend de plus en plus de place au Canada. Les transformateurs l'affectionnent pour son faible coût, qui lui permet désormais d'occuper un quart du marché, selon Agriculture Canada. Pour le moment.
Conscients de cette menace, les apiculteurs canadiens comptent désormais sur Ottawa pour freiner ces importations. Le congrès du CCM, qui prend fin samedi, doit d'ailleurs permettre d'aborder la question d'une barrière tarifaire afin de faire grimper le prix de ce miel importé pour le rendre moins attrayant par rapport à son homologue canadien. Les producteurs vont aussi jongler avec l'idée de créer une agence de vente, comme pour le sirop d'érable. Objectif: contrôler les volumes de production afin de maintenir des prix à la hausse.
«Il est urgent de réagir, poursuit M. Doyon. Pour ça, nous devons amener les apiculteurs canadiens à s'entendre pour parler d'une seule voix, ce qui n'est pas le cas en ce moment...»
Entre 2003 et 2005, le prix mondial du miel est passé de 2,47 $ à... 90 ¢ la livre en moyenne, soit un prix bien inférieur aux coûts de production du miel canadien, selon M. Doyon, qui varient de 1,70 $ la livre au Québec à 1,20 $ dans l'ouest du pays, principale région de production du miel canadien. À l'inverse, un fabricant canadien de céréales ou de barres tendres peut débourser 60 ¢ en moyenne pour une livre de miel argentin devant entrer dans la composition de ses produits. Transport compris.
Réunis à Québec depuis hier pour le 65e congrès du Conseil canadien du miel (CCM), les éleveurs d'abeilles sont catégoriques. «À l'heure actuelle, les consommateurs sont un peu floués», a résumé Jean-François Doyon, président de la Fédération des apiculteurs du Québec. «Ils ont l'impression à l'épicerie d'acheter du miel canadien mais, de plus en plus, il s'agit de miel importé de Chine et d'Argentine, de moindre qualité.»
Au coeur de la méprise, une inscription, «Canada no 1», qui apparaît bien souvent sur les pots de miel. «Il s'agit d'une certification, pas d'une indication d'origine, dit M. Doyon. Cela veut dire que le miel répond aux normes canadiennes de salubrité, point. Et d'ailleurs, en tout petit, ailleurs sur l'étiquette, il est facile de constater que le produit a été importé.»
Pour mettre fin à la confusion, les apiculteurs souhaitent donc voir les règles d'étiquetage changer très rapidement, histoire d'aider les consommateurs à s'y retrouver mais aussi de les inciter à encourager les producteurs d'ici.
En effet, après avoir fait face au varroa, un parasite qui a décimé près de 60 % du cheptel québécois d'abeilles en 2003, les apiculteurs disent désormais composer avec un autre péril: la mondialisation, qui «pourrait bien, à terme, faire disparaître le miel québécois des tablettes des épiceries», craint le chef des apiculteurs.
Avec des prix défiant toute concurrence, le miel argentin, chinois et même vietnamien prend de plus en plus de place au Canada. Les transformateurs l'affectionnent pour son faible coût, qui lui permet désormais d'occuper un quart du marché, selon Agriculture Canada. Pour le moment.
Conscients de cette menace, les apiculteurs canadiens comptent désormais sur Ottawa pour freiner ces importations. Le congrès du CCM, qui prend fin samedi, doit d'ailleurs permettre d'aborder la question d'une barrière tarifaire afin de faire grimper le prix de ce miel importé pour le rendre moins attrayant par rapport à son homologue canadien. Les producteurs vont aussi jongler avec l'idée de créer une agence de vente, comme pour le sirop d'érable. Objectif: contrôler les volumes de production afin de maintenir des prix à la hausse.
«Il est urgent de réagir, poursuit M. Doyon. Pour ça, nous devons amener les apiculteurs canadiens à s'entendre pour parler d'une seule voix, ce qui n'est pas le cas en ce moment...»
Entre 2003 et 2005, le prix mondial du miel est passé de 2,47 $ à... 90 ¢ la livre en moyenne, soit un prix bien inférieur aux coûts de production du miel canadien, selon M. Doyon, qui varient de 1,70 $ la livre au Québec à 1,20 $ dans l'ouest du pays, principale région de production du miel canadien. À l'inverse, un fabricant canadien de céréales ou de barres tendres peut débourser 60 ¢ en moyenne pour une livre de miel argentin devant entrer dans la composition de ses produits. Transport compris.
- » miel
Haut de la page

