Dans La Femme adultère d'Albert Camus, il y a, sur la banquette d'un autocar, un couple d'un certain âge, un commerçant et sa femme, en tournée. Les mains de l'homme pendent dans le vide au-dessus de sa valise d'échantillons. Sur l'une, une mouche vient se poser. L'homme, vivant pourtant, ne réagit pas. Alors déjà, nous savons. Deux petites phrases à peine pour dire cette mort-là: celle des sens refroidis, des corps en berne, le degré zéro de la passion. Nous sommes prévenus (le titre aide un peu, aussi...): cette femme, d'une manière ou d'une autre, va tromper son mari.