Toronto — La crise économique n'est pas vraiment visible à Toronto. Ni dans les rues, où les itinérants ne sont ni plus ni moins nombreux qu'avant, ni dans les magasins, qui débordent de clients, ni dans l'affluence au Festival international du film de Toronto, identique à celle de l'année dernière, côté cour (séances publiques) comme côté jardin (presse et industrie). Il n'y a pour ainsi dire que sur l'écran que la crise se voit et s'entend, à la faveur de films l'abordant, frontalement ou par la bande. Si bien que tout nous préparait à encaisser le nouveau documentaire de Michael Moore, Capitalism: A Love Story, dans lequel le défenseur des opprimés et des laissés-pour-compte dresse, à sa manière bien personnelle, le bilan de santé du régime économique qui gouverne le monde, et dont les racines, nous dit-il et on le croit, pourrissent à Washington et à Wall Street.
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