Enterré, le présentateur. Oblitéré. Un théâtre Maisonneuve rempli à ras bord d'absolus fadas de prog hurlait sa joie. Des irréductibles, des vrais de vrais qui se pinçaient au sang tellement ce qui se passait était impensable: là, s'amenant sur scène, c'était Van Der Graaf Generator. Trois des quatre gars de la grande époque. Le Graal du Graaf. Guy Evans, l'immense batteur chauve. Hugh Banton, le discret mais tentaculaire claviériste. Et puis un grand maigre, flottant dans son linge tout blanc: Peter Hammill. Lui-même. Le grand prêtre du rock progressif britannique. Le pianiste-guitariste-compositeur-poète, le roi philosophe du prog, sorte de Roger Waters, David Byrne et Peter Gabriel en un seul furieux et doux homme.