À l'origine de Je vote moi non plus, un petit essai du doctorant en sociologie Philippe Bernier Arcand, il y a une énigme: comment expliquer le fort taux d'abstentionnisme qui frappe toutes les démocraties du monde, alors que «les politiciens ont tout fait pour intéresser la population aux élections»? Lors des récents scrutins canadien et québécois, par exemple, les taux de participation n'ont pas atteint les 60 %. Chez les jeunes, la situation est encore pire et, contrairement à ce qui se passait avec les générations précédentes, elle tend à perdurer lors de l'entrée dans la vie adulte. «On observe, écrit Bernier Arcand, que, aux mêmes âges, la participation électorale des jeunes des générations X et Y est nettement inférieure à celle des enfants du baby-boom.» Plus instruits que leurs prédécesseurs, ces jeunes adultes sont pourtant plus démunis qu'eux en matière d'intérêt pour la politique, un domaine qu'ils connaissent mal, «comme si leurs études leur avaient permis de devenir de bons spécialistes, mais de mauvais citoyens».
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