La lumière matinale quand le soleil perce au sud-est au-dessus des contreforts et celle qu'irradie la chair de l'ananas sur la table ont exactement la même couleur. Un bon achat, cet ananas. Quatre dollars, chez Latendresse à Sainte-Béate. Chaque bouchée est comme un paragraphe de Sepulveda, elle me fait voyager, m'amène du fruit à l'arbre, de l'arbre à la forêt, ce qui fait que bientôt je tourne le dos à celle d'ici, à ma prucheraie, à mes crans de roche mironiens, pour commencer ma journée dans «le grand territoire de l'humidité sans frontière», là où... «dans l'indifférence générale, se côtoient les frontières illusoires entre le Pérou, la Colombie et le Brésil».
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