Le Wisconsin a été français. Cédé à l'Angleterre en 1763, à la suite des événements que l'on sait. Des Hamelin y ont trafiqué des fourrures, mariés à des Chippewa. Ça se passait à la Baie-Verte, aujourd'hui Green Bay et reconvertie dans le fromage. Pour rejoindre le Mississippi, Louis Joliet est passé par là. Maintenant, c'est le Wisconsin qui vient à Joliette, sous la forme de wagons de train. Vous êtes là à attendre au feu rouge pendant que l'interminable convoi qui coupe la ville en deux défile à la vitesse d'une tortue, et soudain vous voyez ça écrit sur un wagon: «Wisconsin». Et c'est peut-être alors juste un hasard, mais lorsque le Wisconsin arrive plutôt dans les hauts de Joliette sous la forme d'un roman, vous constatez que l'écriture, le style de l'auteure, son art narratif, le rythme de la prose (etc.) évoquent précisément le pesant roulement d'un wagon de marchandises. C'est loin d'être gracieux, mais ça mène là où on veut aller, ou pas, d'ailleurs on y va de toute façon. Bref, ça accomplit le boulot. Et moi, je suis, on dirait, en train de tester un nouveau concept: après le roman de gare, le roman de traque de chemin de fer.
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