Clint Eastwood a connu quelques états de grâce dans sa carrière de réalisateur: de Play Misty for Me à The Outlaw Josey Wales, de Bird à Bridges of Madison County, puis, plus récemment, de Mystic River au tout récent Letters from Iwo Jima. Car Changeling marque une rupture avec la grâce, tout en étant, visuellement, et paradoxalement, une de ses plus belles réussites. En fait, le film, centré sur une mère célibataire affrontant en 1928 les autorités municipales, policières et judiciaires pour faire valoir que l'enfant qu'on lui a restitué n'est pas son fils, disparu cinq mois plus tôt, fait l'effet dans sa filmographie, comptant 28 réalisations, d'un opuscule surdimensionné. En revanche, dans celle de Ron Howard (A Beautiful Mind, Da Vinci Code), qui l'a produit et qui devait le réaliser, Changeling ferait meilleure figure.