Je suis assis dans le hall de l'hôtel-musée des Premières Nations de Wendake, l'ancien «Village huron», près de Québec. Devant moi, au lieu de la triste phosphorescence d'un de ces faux foyers devenus plus ou moins la norme, s'élèvent les bonnes flammes d'une attisée à l'intérieur d'une colonne de verre stylisée qui est à la «petite truie» d'antan ce que l'hôtel lui-même est au tipi traditionnel : moderne et somptueux, de toute beauté, et sans avoir sacrifié pour autant une once de l'esprit qui régnait là, au bord de la rivière Saint-Charles, longtemps avant que les premières caravelles abordent au Nouveau-Monde. Autour de moi, sur les fauteuils du lobby, des peaux de loups en guise de jetés. De coyotes aussi, sans compter le splendide renard roux embusqué en haut, dans la chambre, toutes aussi douces au toucher. Défenseurs des droits animaliers, passez votre chemin. Dans ce majestueux quatre-étoiles inauguré au printemps de 2008, impossible de trouver un seul atome de kitsch. Et les voici bien défolklorisés, les Hurons de Max Gros-Louis : décor, oeuvres d'art, tout ici semble un appel, une convocation à quelque célébration toujours en cours, bien loin des plaisirs faciles de la nostalgie...
0 réaction |
0 vote