18 août 2008
Alors qu'on annonce que le Fonds canadien du cinéma et de la vidéo indépendants sera éliminé à cause des coupes budgétaires du fédéral, je tiens à vous faire part de ma modeste expérience avec lui. Je viens d'une ville de gens fiers, honnêtes et travaillants, située le long du Saint-Laurent, pas trop loin de la Beauce. Au Québec, elle se trouve dans l'une des régions qui ont donné le plus d'appuis aux conservateurs lors des dernières élections. Une sorte de «Harperland» québécois. Il y a quelques années, le plus gros employeur de l'endroit a annoncé qu'il fermait ses portes, pour délocaliser sa production aux États-Unis. Plus de 500 hommes et femmes, qui s'étaient fendu le coeur à l'ouvrage, souvent pendant le plus clair de leur vie adulte, allaient perdre leur emploi. C'était un coup dur, et symbolique. On travaillait dans cette usine depuis près de 140 ans... Cette situation m'a touché et j'ai eu envie de donner la parole à ceux qui allaient se retrouver dans la rue quelques mois plus tard. Pendant plusieurs mois, des ouvriers qui faisaient face au plus gros défi de leur vie ont fait preuve de générosité en s'ouvrant à la caméra. Rien de facile. Mais, pour eux, c'était important de faire connaître leur histoire, qui se reproduit si souvent ici et ailleurs au Canada.