Monde - Tam-tams d'exil, Jeff Kavanda, Indépendant - Son disque, on ne peut le trouver qu'à la place Émilie-Gamelin durant le week-end ou dans un grand magasin de l'autre côté de la rue Sainte-Catherine... Mais la découverte en vaut la chandelle, d'autant que ce Congolais installé en Belgique deviendra rapidement un habitué des scènes québécoises. Invité la semaine dernière au Festival des percussions de Longueuil, on le retrouve au FINA dimanche soir. Et pour cause, Kavanda métisse la musique africaine de la manière la plus originale qui soit. Issu du courant de la rumba congolaise et d'abord influencé par un grand chanteur comme Papa Wemba avec qui il partage une voix stellaire par moments, il a également puisé à la source de Salif Keita, un autre monstre sacré. Mais sa rumba est celle que l'on fait sur le coin de la table ou autour d'un feu, tout à fait libre. Percussionniste, il intègre de son exil toutes sortes de petits et gros tambours, les fait dialoguer avec un sitar, un violon ou un balafon, leur insuffle le son de bruits ambiants, les dirige vers le ton d'une conversation au quotidien, les fait survoler par des dialogues ou des harmonies vocales qui rappellent parfois celles de Zap Mama. Une vraie belle surprise! - Yves Bernard