Monde - L'hiver peul, Souleymane Diamanka, Universal France - Par sa gravité, la voix rappelle celle de Grand Corps Malade. Et comme lui, il slame. Et même avec lui dans une pièce. Mais Diamanka aura tôt fait de se livrer sur le ton du recueillement en hal puular, la langue que son père lui a léguée et qu'il fait découvrir à l'occasion. Également Français, il se tient droit debout sur les deux cultures, et non entre les deux. Comme un pauvre griot au pied du baobab en béton, pour le paraphraser. Une majorité de textes sont dits en français sur une pulsion et avec des mots ou terminaisons qui rappellent la sagesse et le caractère décontracté du peuple nomade. L'hiver peul est celui de tous ces gens qui quittent le pays natal pour sortir de la misère. Parfois, on entend le son du griot ou la musique du Sahara. La musique est alors plus présente. Pour le reste, elle ne sert que d'habillage au service du texte, n'est dégagée ni d'effets atmosphériques ou dramatiques, ni de soul, de funk ou de jazz. Les duos sont fréquents. Avec Kayna Samet, la chanteuse soul. Avec Roy Ayers, le vibraphoniste de jazz. Avec le poète polonais John Banzaï, son jumeau impossible. Une belle découverte que propose le FINA le 14 juillet au Balattou. - Yves Bernard