Carlos Reygadas, une des voix montantes les plus intéressantes de la nouvelle vague mexicaine, nous livre, avec Lumière silencieuse, une oeuvre incandescente, poignante et d'une grande maîtrise formelle. On lui devait déjà Japon et Bataille dans le ciel, mais ce film est plus épuré que ses précédents, porté par la lumière et la beauté de la nature, porté aussi par l'extrême simplicité du récit et une dimension mystique. Grand admirateur du cinéma d'Andrei Tarkovski, pour qui la lutte du spirituel et du matériel se traduit aussi par la quête du cadre parfait, Reygadas a situé son action (dans un dialecte allemand) au sein d'une communauté mennonite, agraire et pieuse qui vit en marge de la population mexicaine.