Depuis dix ans, chaque nouveau long métrage de François Ozon reçoit invariablement un accueil tranché: on adore ou on déteste avec un égal enthousiasme dans l'éloge ou dans l'insulte. On aime se répandre sur l'humour noir (Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, 8 Femmes) ou l'étrangeté de l'entreprise (Sitcom, Les Amants criminels). Surtout, on se repaît de la forme très achevée (Swimming Pool, 5 x 2), on admire les plans aussi admirablement cadrés que composés. Pour plusieurs, toutefois, cette inclinaison ne fait qu'exacerber un manque criant de substance. On parlera volontiers de beauté sans âme, de drame sans émotion. À ces reproches, on serait tenté d'opposer Le temps qui reste, en vain sans doute.