Johanne Angeli - Montréal, le 5 mai 2008
7 mai 2008
On se scandalise depuis quelques semaines du fait que les nouveaux arrivants soient trop facilement servis en anglais dans les administrations publiques québécoises. Dans ce débat, on oublie peut-être de déterminer s'il s'agit bien là de leur propre souhait. Une amie originaire de la Colombie-Britannique, venue terminer ses études à Montréal après 12 ans d'immersion française à l'école, m'a récemment raconté une anecdote qui devrait faire réfléchir. Dans un bureau de l'assurance maladie, elle a tenté de s'adresser en français à l'employée qui s'occupait d'elle. Elle s'est fait répondre en anglais mais, butée, elle a continué à parler français. L'employée en question a fini par lui dire, avec une pointe d'agacement: «Are you trying to practice your French with me?» Ce à quoi mon amie, avec une pointe de désespoir dans la voix, a vigoureusement acquiescé. Situation ubuesque: l'employée francophone a cependant continué à lui parler en anglais alors que mon amie persistait à répondre en français!
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