Ils auront réussi! Contre toute attente, ils auront réussi à transformer une des plus imposantes laideurs du centre-ville: le bloc de béton brut de l'ETS (pour École de technologie supérieure) construit à la fin des années 1970 au beau milieu d'une zone dévastée du plateau Mont-Royal, derrière le Théâtre du Rideau-Vert. Cette horreur sans nom aura aussi abrité une école secondaire avant que l'on y enfourne les étudiants du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec au tournant du millénaire. À peine installés, les étudiants en théâtre ont d'ailleurs voulu en sortir aussitôt au même titre que leur directeur, Normand Chouinard, qui démissionnait à titre de protestation. Massif, sombre, déprimant, mal conçu et tout simplement laid, le bloc de l'ETS s'est imposé avec les années comme une sorte d'indéracinable verrue au front même du Plateau... Et puis voilà que mutatis mutandis, sept ans et 46,5 millions plus tard, le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec à Montréal s'apprête à faire baver tout le monde d'envie.