Je suis en train de lire La Marche, écrit par E. L. Doctorow. Rien à voir avec la guerre au stress et aux calories en trop: la promenade en question, c'est 60 000 hommes qui déboulent du Tennessee sur Atlanta, s'emparent de la future capitale de Coke, détruisent tout, puis foncent vers Savannah pour, 400 kilomètres plus loin, refermer la nasse autour des armées confédérées. La «Grande Marche vers la mer» du général Sherman, un épisode célèbre de la guerre de Sécession. Je termine donc mon année de lecteur à Savannah en 1864. Je l'avais commencée avec Gore Vidal dans un taxi descendant Park Avenue en 1946. Nous apercevons Jack Kennedy sur le trottoir, un «maigrichon au teint jaunâtre, vêtu d'un treillis». J'admire la parfaite aisance de Vidal, son insolence calculée, me demandant qui d'autre pourrait bien, avec un recul d'un demi-siècle, épingler le futur président d'un trait aussi vif. Mailer? Même pas.
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