Dès ce matin, ils franchiront le seuil du Salon du livre de Montréal, dans le hall d'exposition de la Place Bonaventure, et se lanceront à l'assaut des milliers de livres qui y sont rangés. Ils, ou peut-être plutôt elles, puisqu'en général les femmes sont des lectrices plus assidues que les hommes. En 2005, un sondage pancanadien a établi que six lecteurs réguliers sur dix et sept gros lecteurs sur dix étaient des femmes. Dans un très beau livre intitulé Les femmes qui lisent sont dangereuses, publié chez Flammarion en 2007, Laure Adler et Stefan Bollmann ont retracé l'histoire de la lecture chez les femmes, à partir de l'interdiction qu'on leur a faite d'abord de lire la Bible, même si, dans les peintures qui figurent l'Annonciation, la Vierge Marie elle-même est souvent représentée un livre à la main.