C'est d'abord l'apparente simplicité de la mise en scène qui frappe dans cette production du Théâtre Ubu. D'entrée de jeu, les comédiens sont assis sur des chaises entourant l'espace scénique, comme s'ils participaient à une répétition. Mais, dès le premier tableau, alors que Pierre Lebeau se lève pour placer lui-même les bornes d'une rue de Venise sur scène, on voit la tragédie brillamment annoncée: c'est le personnage de Iago qui mettra en place toutes les balises de ce piège implacable qui compose la pièce. C'est la tragique ironie de l'oeuvre de Shakespeare: Othello, qui séduisit Desdémone par le langage, à travers les récits de ses exploits, sera lui-même perdu par la puissance séductrice des mots, tout habillés de tromperie ceux-là, que lui sert Iago.