Le scandale du sang contaminé qui a secoué le Canada au milieu des années 90 a refait surface hier, alors que la Cour supérieure de l'Ontario a acquitté l'ancien directeur de la Croix-Rouge, Roger Perrault, ainsi que trois autres médecins et une entreprise pharmaceutique américaine des charges criminelles de négligence qui pesaient contre eux. Surpris du verdict, les victimes et les associations qui les représentent ont vivement dénoncé la décision de la cour, affirmant que justice n'a pas été rendue dans cette affaire qui a été qualifiée de pire désastre de santé publique de l'histoire du pays. Pam Wilton, présidente de la Société canadienne de l'hémophilie, estime que le verdict «envoie un message équivoque aux instances responsables de la santé des Canadiens», à savoir que même si «des erreurs peuvent entraîner l'invalidité et la mort, ni les sociétés ni les individus n'en seront tenus responsables», a-t-elle soutenu hier, quelques minutes après la décision rendue en fin de journée par la juge Mary Lou Benotto.