Au début de juillet, j'étais au musée Pointe-à-Callière, bouche bée devant l'expo Premières Nations, collections royales de France, un prêt du musée parisien du quai Branly. Quatre-vingt-cinq artefacts amérindiens issus des collections d'aristocrates français des XVIIIe et XIXe siècles y sont présentés jusqu'au 14 octobre. Par ici les coiffes à plumes et à cornes, les calumets, les mocassins à pattes griffues d'ours, les spectaculaires peaux peintes: vêtements et objets venus d'une ère où les autochtones régnaient sur les terres et les eaux. Ultimes témoins de leurs us et coutumes en Nouvelle-France et au début du règne britannique. Ici, des traces anciennes se sont effacées... Ces trésors amérindiens d'hier ont retraversé l'Atlantique, quelques siècles après leur cueillette, tels des revenants. Pour hanter nos mauvaises consciences, sans doute.