Le bon côté de Michael Moore, c'est qu'il choisit bien ses cibles, tire dessus avec un bazooka et produit énormément de dommages chez ses adversaires. Son fan club (immense) et la foule de ses détracteurs courent voir ses brûlots. Il compte l'efficacité, la hardiesse et la force de frappe au nombre de ses qualités. Le documentariste de Fahrenheit 9/11, palmé d'or à Cannes, oscarisé à Hollywood, mégastar et porte-étendard de la gauche américaine, les a mises à contribution dans son dernier film, Sicko, qui aborde le système de santé américain. Il s'est servi également de sa mauvaise foi, de ses techniques d'enquête douteuses, de ses montages à l'emporte-pièce, de tout ce qui le discrédite, même aux yeux de ceux qui approuvent ses thèses de départ. «Un grand cinéaste de fiction, ce Michael Moore», lançait avec ironie à Cannes un critique français. Oui, mais pas uniquement! Il cogne aussi sur les bons clous. Son cas n'est pas simple à diagnostiquer, puisque diagnostic, il y a.