Le chalet de mes parents, à Saint-Tite. Printemps 2000, j'étais venu y passer quelques jours avec Jim Harrison, bien présent dans les pages de ses cinq premiers livres réunis dans la collection «Bouquins» chez Robert Laffont. Un balbuzard (un aigle-pêcheur) venait se percher tous les soirs dans un vieux tremble à moitié mort au-dessus du chalet pour y passer la nuit. Justement, il me semble qu'il y avait un nid de balbuzard dans Wolf, mémoires fictifs, le premier roman du jusque-là poète Harrison. Ah, voilà: «Il s'envola, un mètre cinquante d'envergure, ailes battant l'air, survolant l'intrus en cercles de plus en plus larges, de plus en plus hauts.» C'est l'histoire d'un type qui s'enfonce dans la forêt avec une tente, une canne à pêche, une vieille 30-30 et une bouteille de brandy et qui se remémore le petit bout d'existence passablement agitée vécu jusque-là. Il se perd au fond des bois et décide de chercher un certain nid de balbuzard de sa connaissance, histoire de renouer avec une ou deux certitudes: «Si le balbuzard est là, je m'inclinerai devant Dieu et ferai part de ma trouvaille aux autorités.»
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