Samedi soir. Transporté par YouTube dans le Zaïre de Mobutu, je revois le huitième round du mythique «Rumble in the jungle» de 1974, puis je parle de Mohammed Ali avec un ami. Nous convenons qu'il ne fut jamais plus grand que le jour où il refusa de marcher au pas de l'armée de son pays. «J'ai jamais entendu un Vietnamien m'appeler nigger... » À la radio, le lendemain, j'entends Daniel Poliquin plaider pour la mémoire des petits gars de 14-18. Il décoche une petite pique en passant à ces jeunes Canadiens français qui, à la perspective d'aller se faire ouvrir le ventre pour le roi d'Angleterre, préférèrent les cabanes à sucre et le grand air de l'arrière-pays. Je tique un peu. Je trouve que le souvenir des vétérans n'a pas été trop mal servi, ces derniers temps, par un discours politique doublé, il faut bien le dire, d'un véritable délire patriotique faisant de nos poilus, rétrospectivement, le fer de lance des droits de l'homme. Et ce, mes amis, dès l'aube du XXe siècle. Ces arriérés de Québécois, éternels gnochons, ne veulent pas comprendre que le Canada, en 1899, est allé défendre une certaine idée multiculturelle du parlementarisme britannique au pays des Boers! Et que l'intention, bref, était bonne, mais... que voulez-vous: ç'a donné l'apartheid.