Aujourd'hui menacée par la disparition graduelle et inexorable de sa clientèle traditionnelle, la marque Lincoln incarnait depuis ses origines le summum du luxe parmi les produits Ford. Mais cette marque s'est perdue en chemin. Depuis les années 1970, Lincoln tente sans succès de fidéliser une nouvelle clientèle en renouvelant son image, quitte à faire flèche de tout bois. D'ailleurs, au cours de la dernière décennie, les diverses tribulations de la gamme de Lincoln ont été plutôt déconcertantes: après les prévisibles et «quétainissimes» Town Car, généralement utilisés en tant que limousines d'aéroport, on nous a ensuite présenté la série LS, que l'on prétendait, par aveuglement ou par inconscience, la rivale des meilleures berlines germaniques. Puis, après avoir embrassé l'Europe, Lincoln a décidé de jouer à fond la carte du luxe à l'américaine, en mettant l'accent sur ses grotesques et monstrueux véhicules utilitaires sport, dégoulinants de chrome, et au volant desquels on se sent obligatoirement ridicule, à moins d'être une star du basket de la NBA, un chanteur de rap, ou encore un trafiquant de drogue soucieux d'afficher sa soudaine prospérité. Que faut-il donc comprendre et conclure au sujet de Lincoln? Et surtout, comment situer la nouvelle berline MKZ dans cette gamme hétéroclite?
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