Cynique, on dirait: grosse machine, gros bidoux. Les panneaux d'affichage avec la photo de pochette flanquant les autoroutes, la visibilité médiatique en crescendo, les unes des journaux samedi, Tout le monde en parle dimanche, le spectacle gratuit au Métropolis hier (avec les albums donnés aux 250 premiers spectateurs), l'arrivée en masse dans les magasins aujourd'hui, tout ça sentirait un peu trop la stratégie de mise en marché, le buzz télégraphié, le baudruche promotionnel menaçant d'éclater. Si c'était quelqu'un d'autre. Si L'Échec du matériel, quatrième disque de chansons originales de Daniel Bélanger, n'était pas aussi extraordinairement réussi (l'unanimité critique confine au choeur grec). Il se trouve simplement que chez Audiogram comme dans les médias, on a joué l'événement gros parce qu'il n'y a pas plus gros événement au Québec. Une sortie d'album des Beatles, ça se célébrait de Londres à San Francisco il y a 40 ans? Eh bien, un Daniel Bélanger nouveau, à Montréal en 2007, ça se fête.