Pour critiquer les dérives relativistes des sociétés occidentales, plusieurs essayistes, depuis quelques années, recourent à la notion de postmodernisme. Ils visent, par là, un certain hédonisme irresponsable, un individualisme forcené et une gestion du social privée de finalité et déterminée par la seule rationalité instrumentale. Très à la mode dans les années 1980 et 1990, le postmodernisme est une notion équivoque qui fut chantée dans certains milieux artistiques et combattue ailleurs. Pour les penseurs qui l'ont théorisée (notamment Lyotard, Vattimo et Lipovetsky), cette notion recelait d'abord une valeur descriptive. Il ne s'agissait pas, pour eux, de se réjouir ou de se désoler du nouvel état des lieux qu'elle désignait, mais de tenter de le comprendre. La modernité, remarquaient-ils, avait vécu (ce qu'Habermas, par ailleurs, contestait). Qu'en était-il, alors, de l'atmosphère qui lui succédait?
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