D'aucuns, et il m'arrive d'en être, croient que, sur certaines questions, en matière de morale sexuelle par exemple, l'Église en fait trop. Ne se détourne-t-elle pas de l'essentiel, en effet, en palabrant sur le port du condom et sur le mariage gai, perdant ainsi en pertinence spirituelle, aux yeux de plusieurs, ce qu'elle gagne en rigidité dogmatique? D'autres, toutefois, et ils n'ont pas tort, soulignent qu'en accordant de l'importance à ces questions, l'Église nous impose de reconnaître leur pleine valeur. Contre une certaine idéologie du «y'a rien là» qui nourrit un relativisme délétère, elle nous rappelle ainsi que ce qui vaut ne se traite pas à la légère et exige d'être considéré avec égards. Il en va ainsi, notamment, de la question des divorcés remariés. Ces derniers, en effet, ne sont pas exclus de l'Église, mais ils le sont des sacrements de la réconciliation, de l'eucharistie et de l'onction des malades tant qu'ils ne renoncent pas à l'intimité conjugale. Pour les chrétiens progressistes, cette relative mise à l'écart est scandaleuse. L'Église, pourtant, y tient, afin de préserver l'enseignement du Christ sur l'indissolubilité du mariage.