Né en 1929 et décédé au mois de juin 2003, Bernard Williams fut sans contredit un des plus importants philosophes du vingtième siècle. Il appartient, comme Charles Taylor, à une génération qui, tout en recueillant l'héritage analytique d'Oxford et de Cambridge, où il enseigna toute sa vie, se montra avec le temps désireuse de critiquer cet héritage au nom de la tradition et de l'humanisme. Il est difficile de rendre en langue française l'expression «moral philosopher» que Williams revendiquait pour lui. Quand on passe en revue ses principaux ouvrages, on est amené à constater que la philosophie morale n'est ni l'éthique spéculative, au sens de la recherche des principes, ni la morale au sens de Kant. La meilleure entrée dans son oeuvre est sans doute de prendre toute la mesure du retour aux Grecs qu'il n'a cessé d'approfondir, et d'entendre la philosophie morale au sens premier de l'éthique grecque: la recherche de la vie bonne. Son grand livre sur l'éthique le montre sans détours (L'Éthique et les limites de la philosophie, Gallimard, 1990).
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