Je l'avoue, j'attendais cette Petite anthologie péremptoire de la littérature québécoise avec des intentions polémiques. À l'heure de juger de la qualité de notre littérature, en effet, Gilles Marcotte et moi ne sommes pas vraiment du même côté du monde, pour parler comme Victor-Lévy Beaulieu. Dans la préface qu'il signait, en 1994, pour la réédition en livre de poche d'Une littérature qui se fait, d'abord paru en 1962, Jean Larose soulignait la «foi en notre jeune littérature» qui animait Marcotte, tout en se réjouissant de la lucidité du doyen de la critique littéraire québécoise qui reconnaissait «la pauvreté relative de nos livres». La grandeur de Marcotte, pour Larose, se trouvait dans «ce don de clouer le cercueil d'un auteur en prononçant son éloge». Une foi, donc, mais bien tempérée, comme l'indique cette formule de 1962: «Je laisse à d'autres d'attendre le grand livre, le chef-d'oeuvre indiscutable, avant d'admettre l'existence possible d'une littérature canadienne-française.»
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