Dans la petite communauté rurale de La Fête sauvage, première pièce du comédien Mathieu Gosselin, le temps semble parfois suspendu. On devient parent très jeune, parce que c'est inévitable. La semaine se divise en quelques temps forts, comme l'émission de télévision préférée et la visite au bar de danseuses nues. Les moyens d'évasion ne sont pas légion: drogues, alcool, sexe, magazines de voyage. Bref, on gère vaille que vaille le peu que la vie semble nous avoir donné. Lorsque survient le suicide d'un proche, la sensibilité de chacun, loin d'avoir été atrophiée par ce contexte abrutissant, s'exprime elle aussi vaille que vaille. C'est ainsi que nous suivrons ce petit groupe d'amis le temps d'un après-midi d'automne où ils célèbrent à la fois l'anniversaire de naissance de Martine et l'enterrement des cendres de son ancien copain, Frank, qui s'est pendu.