18 septembre 2006
La chute du communisme a provoqué un grand nombre de dommages collatéraux, en particulier sur la façon de penser de la gauche. Tant qu'il existait, le communisme forçait ses partisans comme ses adversaires à réfléchir politiquement, c'est-à-dire à proposer des programmes à court et à long terme, à fixer des priorités et à évaluer les rapports de force. La philosophie morale sous-jacente, «scientifique» ou «matérialiste», consistait à insérer les tragédies et les crimes, petits ou grands, dans la chaîne des causes et des effets et à penser que la condition humaine ne pouvait être améliorée qu'en changeant les structures socio-économiques. Cette façon de penser se retrouvait, en dehors des communistes, chez les sociaux-démocrates, quand ils l'étaient vraiment, ainsi que dans la plupart des mouvements anti-coloniaux. Toute l'élaboration du droit international et la plupart des efforts dans la recherche de la paix ont été liés à cette philosophie.