Paimpol — De retour en Bretagne, dont l'enracinement culturel et la modernité m'enchantent, je me promettais bien de poursuivre mes petits carnets de vacances comme l'année dernière, mais ni les grandes marées qui commençaient hier, ni le jazz manouche que je suis allé écouter hier chez deux jeunes dames qui tentent de redonner vie à un village mort par la diffusion culturelle, ni les langoustines et les huîtres ne parviennent à me distraire du drame dans lequel est plongé le Proche-Orient. Malgré les vacances, le matin je me précipite pour acheter les journaux et je ne rate aucun bulletin d'information. Ce Liban qu'Israël est en train de transformer en cendres fumantes est un pays que j'aime et qu'au milieu des années 1980 je croyais fini. Dans cette région, durant deux mille ans, le pays du Cèdre, malgré les guerres et les bouleversements, les luttes intestines et les divisions fratricides, a incarné la capacité de vivre d'une société multiple composée de dix-sept communautés différentes. Ce ne fut jamais facile pour ce pays de minorités venues de partout dans la région, mais le Liban constituait une sorte de symbole de la possibilité de vivre ensemble tout en étant différents.
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