Le principal problème du soccer réside dans son degré de civilisation. Trop achevé, trop proche de la quintessence de l'humanité, le foot. Il touche trop au divin. C'est pour ça que la planète entière en est folle, sauf les Américains qui, eux, savent que le divin est plutôt tourné vers le baseball et l'Oklahoma: parce que le football permet à l'humanité de se dédouaner de sa sauvagerie habituelle. Imaginez, le bipède arrive à un stade tellement accompli d'évolution vers sa destinée parfaite, il est si sûr et si fier de ce qu'il peut accomplir avec ses mains — sculpture abstraite, spaghettis bolognese, manipulation de la télécommande, et je suis certain que vous avez aussitôt songé à des affaires scabreuses mais c'est votre problème, et puis cette chronique s'adresse à un public de tous âges — qu'il invente un jeu où on n'a pas le droit de s'en servir. Même pour en sacrer une à un baveux qui vient de vous dire que... que... que quoi au juste?
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