La conférence des ministres des Finances a pris fin cette semaine sans offrir de résultats tangibles. Impasse réelle ou stratégique? John Ibbitson, du Globe and Mail, soutient que la dissension entre les provinces sert bien le fédéral, qui a déjà une bonne idée du remède qu'il veut appliquer au déséquilibre fiscal. Et ce remède choquera plusieurs d'entre elles. Celles qui veulent voir les paiements de péréquation bondir seront déçues d'apprendre que les conservateurs aiment bien le rapport O'Brien, qui suggère de revenir à une formule prévisible de péréquation tout en limitant la croissance des versements. Mais ce qui agacera le plus, croit Ibbitson, sera le marché qu'Ottawa offrira aux provinces: plus d'argent à long terme en échange d'une participation fédérale dans des domaines de compétence provinciale jugés d'«intérêt national». Il cite les infrastructures, l'éducation postsecondaire et les valeurs mobilières. Tout un changement, note Ibbitson, de la part d'un parti qui se disait décentralisateur et soucieux des prérogatives provinciales. «Les programmes de rééducation du ministère des Finances et du Conseil privé, conçus pour former les politiciens débutants à voir le monde à travers les yeux de la bureaucratie fédérale, semblent avoir réussi de façon splendide», écrit-il.