Los gatos. Comme les chats, les Madrilènes vivent surtout la nuit. D'où ce surnom. Remarquez, avec la siesta qui disparaît lentement mais sûrement de l'art de vivre espagnol, étalement urbain oblige, leur noctambulisme légendaire pourrait bien lui aussi tirer à sa fin. Mais pour l'heure, on les retrouve encore, ces infatigables fêtards, ne sortant des bars de Las Huertas à l'aube que pour mieux s'attabler à la Chocolatería San Ginés, sorte de Saint-Viateur Bagel où l'on sert churros et chocolat chaud. Je vous en glisse mot juste au cas où le décalage horaire ferait son oeuvre... Aussi, plutôt que de compter des moulins à vent pour trouver le sommeil, voyez la ville s'éveiller — ou aller se coucher — autour de la Puerta del Sol, de la plaza Mayor, de la plaza Chueca, gai quartier de la branchouille, et le long du boulevard ponctué de plazas monumentales qu'est le Paseo del Prado, de los Recoletos et de la Castellana. La Chocolatería San Ginés (Arenal 11) est sandwichée entre l'église San Ginés et la boîte Joy Esclava, l'ex-QG de feu la movida.