L'évidence crève les yeux, mais disons-le quand même: une des particularités de la Coupe du monde de football réside dans sa formidable injustice. Des pays éminemment prospères, comme la Suède ou la Suisse, y côtoient les démunis d'entre les démunis, comme le Togo ou le Ghana. Des nations à la tradition de soccer plus que centenaire, telle l'Angleterre, se mesurent à de jeunes prétendants comme les États-Unis ou la Corée du Sud. La paix que connaissent les Pays-Bas et le Costa Rica contraste avec la guerre civile dont se sort à peine l'Angola ou celle dans laquelle est toujours plongée la Côte d'Ivoire. Des géants démographiques ayant pour nom Brésil et Japon arpenteront les mêmes terrains que la Croatie et le Paraguay, moins populeux que le Québec. Des formations bardées mur à mur de professionnels de premier plan comme la France et l'Italie jouent avec le même ballon que l'Arabie Saoudite et Trinité-et-Tobago. Des pays qui n'existaient pas il y a 20 ans, République tchèque, Serbie et Monténégro (qui devrait ne plus exister bientôt non plus), Allemagne réunifiée, Ukraine, trouvent en face d'eux le Portugal et l'Espagne, le Mexique et l'Argentine.
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