Les tempêtes que l'on avale
Carl-Éric Hudon
Fruit / Local
Pas tout à fait une nouveauté, ce disque de Carl-Éric Hudon, puisque les pièces des Tempêtes que l'on avale jouent déjà depuis un petit bout de temps sur les ondes de vos radios alternatives préférées. Sa distribution à grande échelle étant maintenant assurée, ça nous donne une excuse pour rattraper notre oubli. Hudon livre un mélange de chansons folk tantôt soulevées par des bourrasques électriques et rythmiques, tantôt doucement bercées par le calme des violons et des guitares acoustiques. On se laisse facilement séduire par l'ambiance grisâtre et pluvieuse créée à travers les 13 titres de ce premier album. Le propos, empreint de tourments, de questionnements, de solitude, de colère, de tristesse, d'étouffement, se moule sans accroc avec la musique. «Tu tournes sur toi-même comme une girouette malmenée / Un peu rouillée par la pluie incessante / Du haut de ton toit de tôle tu te plais à observer les gens / Déraper dans une boue trop glissante» (Une note parfaite). Ce n'est pas encore une tornade, ni un ouragan, mais tout de même une très belle tempête, avec de beaux éclairs de génie.
Philippe Papineau