Ces Élégies de lumière que nous offre André Brochu, un an après avoir gagné le Prix de la Gouverneure générale 2004 avec Les Jours à vif, sont à l'image changeante de cette clarté diverse qui irradie, intense ou ténue, confuse ou éclatante, dans la vie de tous les jours. De la même façon, ce recueil aux nombreux tons fait don de toutes parts de ce que je pourrais appeler une tendresse effrayée devant le temps qui passe, les amours ou les êtres, les âges de naissance ou agoniques, tels des emportements sans cesse soufflés. Mais cette multiplicité ne s'égare jamais puisque le tracé que nous propose Brochu va de sa propre enfance d'eau jusqu'à la cosmogonie et aux énervements particulaires — ion et testostérone associés —, en passant par la louange touchante à la mère en allée, à l'amoureuse, au monde conséquent, au sexe en effervescence, à la violence catastrophique, à la mort comme à la lumière. Bref, ce tour de soi et des mondes portés par la conscience, Brochu nous en parle avec tous les moyens qu'on lui connaît, à travers une exaltation parfois mystique ou une ironie contrôlée.
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