La décision, de la Bolivie, de nationaliser le gaz et le pétrole a créé toute une commotion. Il faudra pourtant s'y faire, d'abord, parce que c'est une tendance, mais aussi parce que cela marque une certaine forme de progrès.Il faut bien reconnaître que le nouveau président bolivien n'a rien fait pour rassurer ceux qui le voient comme un dangereux gauchiste. La veille de son annonce, Evo Morales se déclarait membre d'une «sainte trinité anti-impérialiste» aux côtés du vieux révolutionnaire cubain Fidel Castro et de la bête noire des États-Unis, le Vénézuélien Hugo Chavez. Le lendemain, 1er mai, fête internationale du Travail, il décrétait la nationalisation des ressources gazières et pétrolières de son pays et donnait 180 jours aux 26 entreprises étrangères directement concernées pour trouver un arrangement avec son gouvernement, ou plier bagage et quitter le pays. Afin de bien se faire comprendre, il a envoyé l'armée «protéger» les principaux sites d'exploitation.