Dans la débandade catholique qu'à traversé le Québec depuis les années 60, un documentaire comme Voici l'Homme de Catherine Hébert tient à la fois de l'anachronisme et du bijou rare. On y suit la représentation de la Passion du Christ par Simon Couillard, un prêtre sans soutane, d'ailleurs charmant, qui recrute depuis 32 ans des interprètes amateurs un peu partout à Montréal et leur fait gravir le Golgotha. Loin des pharisiens et des bien-pensants, ces comédiens-là viennent parfois de la rue, ex-junkies, croyants et incroyants, itinérants, mères de famille, artistes à la retraite. Le prêtre est à la tête d'Agapaix, un mouvement d'entraide. Et il insiste: «Je veux du sang, je veux du réalisme, comme dans le film de Mel Gibson...»