Nous étions peu, même pas assez nombreux pour lui remplir l'Olympia et ses quelque 600 places, ce qui est honteux quand on pense que Ray Davies siège à la même table d'honneur que Lennon, Jagger, Pete Townsend et Bowie au panthéon du rock britannique. Encore fallait-il associer le nom à un groupe, The Kinks, et à des chansons fameuses, You Really Got Me, Sunny Afternoon, Lola, pour ne nommer que les évidences. Encore fallait-il lui être resté fidèle in absentia, un quart de siècle après le seul et unique passage des Kinks en ville. C'est sans doute pourquoi, avant-hier à l'Olympia, il n'y avait que nous, les fervents, les fans finis, les absolutistes de Ray Davies, qui nous pincions tellement il nous semblait incroyable que notre héros soit là pour vrai, avec son sourire de grand fendant, sa charpente filiforme de rockstar, ses guitares Ovation et ses costards chic.