Tragédie sanglante, Titus Andronicus ne fait pas dans la dentelle. Celui qui met en scène ce Shakespeare, Jean Asselin, non plus. En outre, il aime bien multiplier les clins d'oeil, certains étant réussis tandis que quelques-uns, comme les pleurs du bébé à la fin, dérangent plus qu'autre chose. Le spectateur doit pouvoir vivre avec de telles imperfections, être capable de souffrir une distribution inégale, une bande sonore envahissante ainsi que de rares longueurs, s'il veut jouir d'une fresque théâtrale d'une belle démesure. Les quatre heures de représentation sont même entrecoupées de pauses un peu chaotiques au cours desquelles les lumières de la salle s'allument, permettant à celui qui le désire de se procurer, au parterre, un sandwich et une bière. Théâtre convivial, en un mot, qui sait avec bonheur marier et varier les plaisirs et les tonalités en s'appropriant gaiement une oeuvre tordue.