ZANZIBAR
Adamo
Polydor - Universal
Si on ne peut pas dire que ce remarquable album, plébiscité à sa sortie en Europe, est celui du renouveau pour le plus sicilien des Belges de la chanson française, on peut certainement affirmer que c'est l'album du dépoussiérage. Entendez par là qu'Adamo, fouetté par les Fersen et autres Bénabar, en avait jusque-là des synthés qui reléguaient ses productions à l'étal des ringards. D'où ce bien beau disque fait main, à base de guitares acoustiques, d'accordéon, de cordes mais surtout de cuivres, joués tantôt à l'italienne, manière foraine et mélancolique (rappelant Nino Rota), tantôt à la belge, genre fanfare. C'est encore et toujours de l'Adamo, avec la même voix si joliment voilée, les mêmes rimes sainement romantiques (J'te lâche plus) juxtaposées aux prises de position de citoyen du monde (Mon douloureux Orient), mais c'est de l'Adamo de maintenant, tel qu'arrangé par l'arrangeur de Bénabar, tel que joué par les joueurs d'Arno, tel que chanté en compagnie de chanteuses capables (Marie-Laure Béraud, Maurane).
Sylvain Cormier